Ukraine : onze mois de guerre

"Sang juif" d'Hitler : après la condamnation des propos de Lavrov, la Russie accuse Israël de "soutenir le régime néonazi de Kiev"

par Antoine LLORCA
Publié le 3 mai 2022 à 12h20
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

La Russie accuse Israël de soutenir le "régime néonazi de Kiev".
La veille, le chef de la diplomatie russe avait suscité l'indignation en évoquant une comparaison entre Volodymyr Zelensky et Adolf Hitler.

Malgré les condamnations, la Russie n'a pas l'intention de faire marche arrière. Ce mardi, Moscou a accusé Israël de soutenir le "régime néonazi de Kiev" au lendemain de la polémique provoquée par les propos de Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, sur le prétendu "sang juif" d'Adolf Hitler, une théorie complotiste largement contestée. 

"Nous avons prêté attention aux déclarations anti-historiques du ministre des Affaires étrangères (israélien) Yaïr Lapid, qui expliquent en grande partie la décision du gouvernement actuel de soutenir le régime néonazi de Kiev", a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. "L'histoire connaît malheureusement des exemples tragiques de coopération entre juifs et nazis", peut-on encore lire.

Dimanche soir à la télévision italienne, Sergueï Lavrov a tenté une comparaison pour le moins outrancière entre Volodymyr Zelensky et Adolf Hitler. "Zelensky fait valoir cet argument : comment le nazisme peut-il être présent (en Ukraine, ndlr.) s'il est lui-même juif. Je peux me tromper, mais Hitler avait aussi du sang juif", a lancé le chef de la diplomatie russe. Le prétendu "sang juif" d'Hitler faisant l'objet d'une théorie du complot traitée avec scepticisme par les historiens. 

"Scandaleux, impardonnables"

"Les propos du ministre Lavrov sont à la fois scandaleux, impardonnables et une horrible erreur historique", avait condamné lundi son homologue israélien Yaïr Lapid, précisant que l'ambassadeur de Russie en Israël avait été convoqué pour des "clarifications".  "Aucune guerre n'est comparable à la Shoah... L'utilisation du génocide juif comme outil politique doit cesser immédiatement", a dénoncé de son côté le Premier ministre israélien Naftali Bennett. 

Le Premier ministre italien Mario Draghi a pour sa part jugé lundi soir "aberrants" les propos de Lavrov. "Et pour ce qui concerne la partie en référence à Hitler, elle est vraiment obscène", a-t-il commenté.

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Depuis le 24 février, Moscou a répété à maintes reprises vouloir "démilitariser" et "dénazifier" l'Ukraine, justifiant ainsi l'invasion lancée par Vladimir Poutine. Mardi, la diplomatie russe a encore repris ces arguments, affirmant que "l'origine juive du président (Zelensky) n'est pas une garantie de protection contre le néonazisme rampant dans le pays. L'Ukraine, soit dit en passant, n'est pas la seule dans ce cas", citant également le président letton Egils Levits, qui "a également des racines juives et il couvre aussi (...) la réhabilitation de la Waffen SS dans son pays". 

Moscou accuse également Jérusalem "d'ignorer l'épidémie de destruction et de profanation de monuments aux vrais justes du monde : les soldats de l'Armée rouge qui ont arrêté l'Holocauste et sauvé le monde juif", semblant faire un rapprochement entre antisémitisme et le sentiment anti-russe dans le monde.


Antoine LLORCA

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