DOCUMENT LCI - Sous les attaques incessantes de drones, des soldats ukrainiens épuisés

par T.A. | Reportage LCI : Claire Cambier, Charlotte Lefetey et Sergueï Shestak
Publié le 15 mars 2024 à 11h51, mis à jour le 15 mars 2024 à 14h49

Source : TF1 Info

Dans la ville de Tchassiv Yar, à l'est de l'Ukraine, les soldats des troupes de Kiev sont épuisés.
Certains ont le droit à une pause, mais pour les nouveaux hommes qui arrivent sur le terrain, l'adaptation aux raids de drones russes est très compliquée.
Sur le terrain, une équipe de LCI a rencontré plusieurs militaires usés par la guerre.

Devant ses écrans d'ordinateur, ce commandant ukrainien est très en colère. "La position est détruite. Les gars ne peuvent pas s'abriter. Comment c'est possible de l'abandonner comme ça ?" Face à l'épuisement des troupes sur le front ukrainien, les rotations d'unité de combat ont débuté. Le bataillon de ce responsable militaire vient tout juste d'arriver à Tchassiv Yar, dans l'est de l'Ukraine, pour une nouvelle rotation. Mais les positions d'infanterie qu'on lui a confiées ne sont plus sécurisées.

En effet, si la pause dans les combats est bienvenue pour les soldats au front, pour les hommes qui arrivent, les débuts sont extrêmement compliqués. Ils doivent faire face aux attaques constantes de drones FPV russes. Difficile, donc, de garder le moral et de ne pas craindre de perdre la ville. Le gradé accepte de parler à visage caché à notre équipe de journalistes. "Le deuxième groupe essaye de s'installer aux positions, indique-t-il dans le reportage à retrouver en tête de cet article. Le premier n'y est pas arrivé, on a évacué les blessés."

"Les gaz, ça empoisonne complètement ton organisme"

Face à leurs difficultés, les militaires basés sur place ne sont plus très confiants. "Tchassiv Yar va tomber, estime le commandant, toujours de façon anonyme. C'est facile de prendre en étau la ville des deux côtés." Il craint surtout pour la vie de ses hommes, qui attendent les ordres dans une autre pièce du quartier général. Pendant le tournage du sujet de nos reporters, le chef de cette unité va d'ailleurs recevoir une alerte. Des drones de reconnaissance survolent la zone. Il ne faut pas quitter le refuge.

Les soldats ont dû rebrousser chemin. Pour beaucoup, ce front est bien différent de ce qu'ils avaient connu jusqu'alors. "On a essayé de s'installer, mais ils lâchaient des gaz, souligne un homme ayant participé aux combats. On savait que les drones FPV volaient souvent ici, mais les gaz... Quand tu en respires, ça brûle de l'intérieur." "Ça empoisonne complètement ton organisme", confirme un autre soldat. Dans cette localité très détruite, ce sont essentiellement des militaires qui sont basés ici. Quelques rares habitants se font discrets. Ils ne sortent de leur sous-sol que pour aller chercher de l'aide humanitaire.

Dans la zone, d'autres soldats préparent un départ sur le front. Sergeï faisait son service militaire quand la guerre a commencé. "Se battre pendant deux ans sans s'arrêter, et ne jamais voir ta famille, c'est difficile moralement, confie-t-il, attristé. C'est mieux d'avoir peur des tirs d'artillerie que de s'y habituer." Il compte pourtant continuer à servir son pays et vient de signer un nouveau contrat.


T.A. | Reportage LCI : Claire Cambier, Charlotte Lefetey et Sergueï Shestak

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