Emmanuel Macron n'a "pas exclu" ces derniers jours l'envoi de troupes en Ukraine.
Une déclaration qui inquiète l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui y voit un "risque".
"La logique de la force, quand elle n'est pas maîtrisée, conduit à une escalade qui peut être mortelle", prévient-il sur LCI.

Des propos qui ont suscité une large polémique. Ces derniers jours, Emmanuel Macron a fait un pas de plus dans le soutien à l'Ukraine, en ne souhaitant "pas exclure" l'envoi de troupes au sol sur le territoire ukrainien face à la Russie. Des déclarations soutenues par aucun autre pays, qui interpellent Dominique de Villepin. Invité de LCI ce jeudi, l'ancien Premier ministre évoque un "risque nucléaire".

"En 40 ans de guerre froide, jamais les forces du pacte de Varsovie et les forces de l'Otan ne se sont affrontées", rappelle Dominique de Villepin. "Ce n'est pas par hasard, mais par une réalité qui tient à la règle du nucléaire : être assis sur le principe de destruction mutuelle assurée. Si l'un emploie la bombe, l'autre répond, et à la fin, nous sommes tous morts."

"Une escalade qui peut être mortelle" : la mise en garde de Dominique de Villepin à Emmanuel MacronSource : TF1 Info

Selon l'ancien chef du gouvernement (2005-2007), des "troupes au sol de l'Otan en Ukraine" feraient "exister un risque" nucléaire. "Inacceptable", fustige Dominique de Villepin. "L'emploi de l'arme nucléaire est fondé sur des cultures politiques et de société. Ce qui paraissait impossible il y a dix ou quinze ans apparaît aujourd'hui différemment", prévient-il. "La haine de l'autre s'est développée, nous vivons dans une communauté internationale qui peut avoir envie de régler son compte à l'autre."

"La logique de la force, quand elle n'est pas maîtrisée, conduit à une escalade qui peut être mortelle", poursuit l'ex-Premier ministre. "C'est ce qui fait de la situation en Ukraine un véritable danger", sans oublier d'autres conflits à travers le monde, comme "la situation à Gaza."

Néanmoins, Dominique de Villepin estime aussi que les propos d'Emmanuel Macron pourraient n'être qu'une façade. "Si c'est une posture politico-médiatique anticipant l'effondrement de l'Ukraine et cherchant à montrer que le Président n'a pas écarté des options difficiles, on peut comprendre", indique-t-il. "Parlait-il de combattants, ou de conseillers, d'infirmiers, de spécialistes ? Le problème ne se pose que si nous parlons de combattants."


I.N

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