Guerre en Ukraine : Zelensky "réfléchit" à maintenir la présidentielle de 2024, malgré le conflit

par M.L (avec AFP)
Publié le 3 novembre 2023 à 18h38, mis à jour le 3 novembre 2023 à 21h21

Source : TF1 Info

Un scrutin présidentiel était initialement prévu en Ukraine en 2024, mais depuis le début de la guerre, la loi martiale entrave sa mise en œuvre.
Pour autant, Volodymyr Zelensky "pèse le pour et le contre" de l'organisation de l'élection, a annoncé vendredi le chef de la diplomatie ukrainienne.
Assurer le vote dans de telles circonstances présente des "défis sans précédent", a-t-il souligné.

La piste est sur la table, mais rien n'est encore arbitré. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky "réfléchit et pèse le pour et le contre" de l'organisation d'une élection présidentielle en 2024 dans son pays, malgré la guerre et les nombreux "défis" pratiques qui s'imposeraient pour mettre en place le scrutin, a affirmé vendredi son ministre des Affaires étrangères. "Ce n'est pas qu'il ne veut pas organiser d'élections, mais organiser des élections dans les circonstances actuelles demanderait un travail sans précédent et exigerait de relever des défis sans précédent", a expliqué Dmytro Kouleba lors de la World Policy Conference, organisée aux Émirats Arabes Unis.

Avant le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, un scrutin présidentiel était prévu l'an prochain mais la loi martiale, en place depuis le début du conflit, entrave le fonctionnement électoral. Pourtant, dès début septembre, Volodymyr Zelensky, élu en 2019, s'était déjà dit "prêt" à organiser des élections dans son pays en temps de guerre "si le peuple en a besoin". "Ce n'est pas une question de démocratie" mais "uniquement de sécurité", a-t-il assuré, soulignant lui aussi qu'il y avait "beaucoup" de problèmes à régler pour organiser un tel vote dans des conditions aussi particulières.

La menace des "missiles et drones russes" sur les bureaux de vote

Parmi ceux-ci, le vote des soldats qui combattent dans les tranchées, ou encore la venue d'observateurs internationaux dans une zone de guerre, a-t-il expliqué. Il a également indiqué que le pays n'a pas d'"infrastructures" pour organiser le vote de "millions" de réfugiés ukrainiens à l'étranger. Il s'est aussi interrogé sur le sort des Ukrainiens vivant en zones occupées par la Russie et qui constituent au total presque 20% du territoire dans l'est et le sud du pays. "Comment vont-ils exprimer leur volonté ?", s'est-il interrogé. 

Des interrogations répétées ce vendredi par Dmytro Kouleba, qui a lui aussi évoqué la question de l'organisation du scrutin pour les millions d'Ukrainiens se trouvant à l'étranger, ainsi que le risque que les bureaux de vote en Ukraine ne deviennent "des cibles parfaites pour les missiles et drones russes".

Volodymyr Zelensky n'a pas clairement dit s'il briguerait un deuxième mandat, mais un de ses anciens conseillers, tombé en disgrâce, a déjà annoncé ses ambitions présidentielles. "Oui, je me présenterai", a dit mercredi Oleksiï Arestovitch à l'agence Interfax-Ukraine, publiant sur les réseaux sociaux un programme de réformes. 

L'actuel président reste très populaire dans le pays. Près de trois Ukrainiens sur quatre lui font confiance, selon un récent sondage de l'Institut international de sociologie de Kiev, mené en septembre dans toutes les régions ukrainiennes à l'exception des zones annexées illégalement par Moscou et de la ligne de front, et relayé par le The Kyiv Independent. Ce niveau a même "augmenté de manière significative" depuis le début de l'offensive russe. En revanche, seuls 54% des sondés font confiance à son gouvernement au sens large.


M.L (avec AFP)

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