Le président ukrainien Voldymyr Zelensky a déclaré, dimanche aux médias russes, que son gouvernement étudiait "en profondeur" la question de la "neutralité" de l'Ukraine.
C'est un des points centraux dans les négociations avec la Russie pour arrêter le conflit, qui doivent reprendre en début de semaine.

C'est une des exigences de Moscou. Plus d'un mois après l'offensive russe, le 24 février dernier, la question de la "neutralité" de l'Ukraine pourrait être "étudiée en profondeur". C'est du moins ce qu'a assuré, dimanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une interview à des médias russes, diffusée peu après sur la chaîne Telegram du pouvoir ukrainien.

"Nous sommes prêts à l'accepter", a indiqué le chef d'État. "Mais je ne veux pas que ce soit encore un papier du style des mémorandums de Budapest", a ajouté le président. Ces accords signés par la Russie, en 1994, garantissent l'intégrité et la sécurité de trois ex-républiques soviétiques, dont l'Ukraine, en échange de l'abandon des armes nucléaires héritées de l'URSS.

Accord soumis à référendum

Cette fois-ci, l'accord entre les deux belligérants devra être "obligatoirement ratifié par les parlements des pays garants", a souligné Volodymyr Zelensky, répétant qu'il serait impérativement soumis à un référendum. Le chef de l'État ukrainien a par ailleurs déclaré qu'une victoire pour l'Ukraine serait que les troupes russes "se retirent dans" les territoires séparatistes.

Il faut que Poutine sorte de là où il est et vienne me rencontrer.
Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Mais reste le problème de la région du Donbass, contrôlée en partie par des séparatistes prorusses depuis 2014. "Nous comprenons qu'il est impossible de libérer complètement le territoire, de forcer la Russie. Cela mènerait à la Troisième Guerre Mondiale, je le comprends parfaitement et je m'en rends compte", a admis le président, qui garde toutefois espoir d'une rencontre avec le chef du Kremlin.

"Je pense qu'on peut mettre fin rapidement à la guerre, et que c'est Poutine et son entourage qui font traîner les choses", a-t-il estimé. "Nous devons nous mettre d'accord avec le président de la Fédération de Russie. Mais pour se mettre d'accord, il faut qu'il sorte de là où il est et vienne me rencontrer", a-t-il encore lancé.

Des délégations russe et ukrainienne vont se retrouver en début de semaine à Istanbul, en Turquie, pour un nouveau round de négociations en présentiel, ont annoncé dimanche l'un des négociateurs ukrainiens, David Arakhamia, et le négociateur en chef russe Vladimir Medinski. Ces derniers s'étaient déjà rencontrés le 10 mars dernier, à Antalya, sans déboucher sur des avancées concrètes. Depuis, les discussions se sont poursuivies par visioconférence, mais sont jugées "difficiles" par les deux camps.


Léa COUPAU

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