La milice Wagner a clamé ce mardi sa victoire à Soledar, petite ville du Donbass.
Elle a été aussitôt démentie par Kiev.
La situation est confuse dans cette région qui fait face à des combats féroces depuis le début du conflit.

Soledar, nouvel épicentre de la guerre en Ukraine. Cette petite ville de 11.000 habitants aux portes du Donbass est désormais constamment bombardée par les Russes qui ont fait de sa prise un objectif majeur après des mois de défaites militaires. Preuve du chaos qui règne dans cette localité minière, les deux camps ont revendiqué ce mercredi le contrôle des lieux.

C'est la milice Wagner, en première ligne sur ce théâtre de guerre, qui a allumé la mèche dans la matinée : "Les unités ont pris le contrôle du territoire entier de Soledar", a déclaré le patron du groupe paramilitaire Evguéni Prigojine sur les réseaux sociaux, précisant que des combats ont lieu au centre de la ville. Quel crédit accorder à ces propos ? Rapidement, le Kremlin a joué la carte de la prudence. "Il ne faut pas se presser. Attendons des déclarations officielles", a tempéré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, tout en estimant qu'il y avait "une dynamique positive dans les avancées" des forces russes et en saluant l'"héroïsme fantastique" des soldats.

"Le scenario le plus sanglant de cette guerre"

En début d'après-midi, Kiev a réfuté les allégations russes. "De violents combats se poursuivent à Soledar", a affirmé sur Telegram la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar, précisant que les Russes avaient "tenté de percer la défense" ukrainienne et "capturer complètement la ville, mais sans succès". Mercredi soir, Volodymyr Zelensky a démenti à son tour les informations venues de Wagner. "L'État terroriste et ses propagandistes essaient de prétendre" avoir obtenu des succès à Soledar, a déclaré le président dans son allocution quotidienne, "mais les combats se poursuivent". "Nous faisons tout pour renforcer la défense ukrainienne sans aucune pause, même pour un jour" dans la région orientale de Donetsk, où, a-t-il dit, le front "tient". 

Seule certitude : d'un côté comme de l'autre, on reconnait que Soledar subit des assauts sans précédents depuis le début du conflit. "Tout ce qui se passe aujourd'hui en direction de Bakhmout ou de Soledar est le scénario le plus sanglant de cette guerre", a déclaré Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne, lors d'un entretien mercredi.

Si elle est violemment disputée, c'est que Soledar revêt un intérêt sur le plan stratégique. Elle est en effet située près de la ville plus importante de Bakhmout, déjà défendu avec acharnement depuis plusieurs mois par Kiev. Sa prise permettrait à Moscou de brandir enfin une victoire militaire, après plusieurs revers humiliants depuis septembre, et au chef du groupe Wagner, Evguéni Prigojine, de renforcer son influence croissante sur la scène politique russe. Autant de raisons qui font accepter au Kremlin un bilan très lourd.

Selon Mykhaïlo Podoliak, les pertes militaires russes y sont "énormes" et "l'armée ukrainienne perd également des hommes". "Certainement, c'est plus que ce qu'il y a eu ailleurs avant", a-t-il indiqué à l'AFP. Il n'a pas chiffré les pertes ukrainiennes, mais estimé que les Russes ont perdu "10.000 à 15.000 hommes, peut-être plus", dans cette zone depuis l'été. "Pour nous, il y a des pertes, des pertes significatives, pour eux ces pertes sont tout simplement extraordinaires", a jugé Mykhaïlo Podoliak.


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