En Iran, le pays se prépare à une nouvelle élection présidentielle après la mort d'Ebrahim Raïssi.
Les opposants au régime des mollahs n'ont guère d'espoir de voir les choses changer, même s'ils continuent leur combat courageux.
Reportage du 20H de TF1 dans une société plus que jamais fracturée.

Une foule endeuillée, dévastée. Voici l'image que les autorités iraniennes nous ont invité à filmer dans les rues de Téhéran (Iran). C'est un hommage au ministre des Affaires étrangères et surtout au président ultra-conservateur, Ebrahim Raïssi, leader autant adulé que haï. Son surnom, c'était "le boucher de Téhéran" pour avoir orchestré la répression sanglante d'opposants.

Une jeunesse muselée

Au milieu des prières, il y a les drapeaux jaunes du Hezbollah, dont la branche armée est considérée comme terroriste en Europe, et ces cris de haine : "Morts aux Américains, morts aux Israéliens".  Une nouvelle élection présidentielle dans un mois pourrait-elle amorcer un tournant pour l'Iran ? À la sortie de la prière du vendredi, tout le monde explique qu'il n'y a aucune inquiétude, aucune incertitude pour le pays et leur souhait, c'est que les choses restent exactement les mêmes. "Nous avons Dieu avec nous. Et si nous avons le guide suprême, rien ne peut nous arriver", confie une Iranienne.

Le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lui, est toujours là, premier garant de la rigidité du régime, notamment de la répression des femmes. "Si je ne me trompe pas, la France aussi à des règles concernant le port du voile. Et ici, comme ailleurs, si on ne respecte pas les règles, il y a des conséquences", souligne un jeune iranien dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. Mais à Téhéran, une soif de changement s'affirme. Cheveux au vent, des voiles tombent malgré l'interdit. Une femme qui ne porte pas le voile, ose même en parler en pleine rue. Mais elle est aussitôt interrompue et menacée d'être dénoncée aux autorités. "Elle doit porter le voile, je vais appeler la police", menace une passante en brandissant son téléphone. "Je déteste ça, que dire de plus", déclare la victime en remettant son voile sur la tête.

"Ce que nous aimerions, mes amis et moi, c'est un changement radical du pouvoir, ils ont volé le pays à la jeunesse, ils ont pris notre liberté et tout ce qui nous appartient", exprime une jeune passante. Une jeunesse muselée et limiter sur Internet par le régime. "Ici, vous pouvez voir des gens sans voile, avec des tatouages, etc.  Mais en un instant, cette liberté peut être réprimée. Il faudrait d'abord que ça aille bien économiquement pour qu'on puisse se battre pour notre liberté", fait remarquer un Iranien. Les prix ont augmenté de plus de 60% en un an, à cause des sanctions internationales.


La rédaction de TF1 | Reportage Florence de Juvigny, Michael Merle, Guillaume Vuitton

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info