VIDÉO - En Ukraine, les soignants vivent un "traumatisme secondaire au travers de leurs patients"

par S.M
Publié le 16 juin 2023 à 15h35

Source : TF1 Info

La psychologue libanaise Maya Bizri s'est rendue au chevet des soignants ukrainiens, en mars 2023.
Si elle n'a pas constaté "d'épuisement professionnel" chez ces derniers, elle raconte qu'ils subissent plutôt les traumatismes de leurs patients.
La psychologue a témoigné sur LCI.

Quelles traces le quotidien de la guerre en Ukraine laisse-t-il aux soignants ? À Lviv, à l'ouest du pays, où la vie est "quasi normale", les soignants sont "assez résilients : ce qu'ils veulent, c'est une vie normale", témoigne, ce vendredi 16 juin sur LCI, Maya Bizri, psychologue et oncologue. Ce qui ne les empêche pas d'être, comme les autres habitants, "toujours en appréhension", souligne-t-elle, dans la vidéo en tête de cet article.

En mars dernier, plus d'un an après le début de l'offensive russe en Ukraine, moment où "la cohésion du début de la guerre se relâchait et que l'on voyait apparaître des maladies mentales", la psychologue libanaise est partie à la rencontre de ces soignants avec l'ONG MedGlobal. Mandatée par le ministère ukrainien de la Santé, elle a proposé une formation aux professionnels d'un hôpital pour enfants atteints de cancers. Le but : prévenir des risques liés à leur santé mentale, à celle de leurs collègues, ainsi qu'à celle de leurs patients. 

"Il n'y a pas d'épuisement professionnel"

Sur place, "chacun a sa capacité à s'adapter", constate Maya Bizri. "Sur le plan psychologique, ce n'est pas ce que l'on imagine : il n'y a pas d'épuisement professionnel. C'est plutôt un traumatisme secondaire, que les soignants vivent au travers de l'expérience des patients", explique-t-elle. À long terme, "les soignants peuvent s'adapter si on leur donne des compétences pour ne pas développer des syndromes traumatiques plus graves", indique encore la psychologue. Autant de compétences à destination des soignants "sans formation initiale en psychologie ou en psychiatrie", qui doivent dorénavant être "incorporées dans la santé primaire pour n'importe quelle intervention", selon elle

Avec l'ONG MedGlobal, la psychologue a adapté à l'Ukraine quatre modules de formations applicables dans des zones de guerre. Ils s'adressent d'abord aux cadres de l'organisation hospitalière, puis aux médecins, aux infirmières, à leurs collègues. Dans un dernier temps, les soignants ont reçu une formation pour apprendre à gérer la santé mentale de leurs propres patients. La méthode de la psychologue et de son équipe a été bien reçue, explique-t-elle. "Les soignants ont été réceptifs. Ils ont demandé l'ajout d'un module sur l'alcoolisme, dans lequel se réfugient certains d'entre eux", témoigne-t-elle encore. 


S.M

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