Téhéran a annoncé samedi avoir exécuté un prisonnier Irano-britannique, Alireza Akbari, accusé d'espionnage.
Un geste condamné à l'international, mais que les autorités iraniennes assument.
Paris a également des raisons de s'inquiéter pour la vie de ses ressortissants détenus en Iran, estime une spécialiste.

L'annonce a déclenché des sueurs froides chez les démocraties occidentales : l'Irano-Britannique Alireza Akbari a été exécuté samedi matin par pendaison, a annoncé Téhéran. Ancien haut responsable de la défense iranienne, l'homme de 61 ans était accusé d'espionnage. Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a aussitôt dénoncé "un acte impitoyable et lâche, perpétré par un régime barbare sans aucun respect pour les droits humains de son propre peuple"

Dans la foulée, Londres a placé sous sanctions le procureur général d'Iran pour souligner son "dégoût" après l'exécution de son ressortissant. Celle-ci intervient à l'heure même où le pays est secoué depuis plusieurs mois par une protestation profonde, et que plusieurs manifestants arrêtés ont également été exécutés

Une stratégie de terreur assumée par le régime. "C'est une manière d'engager un bras de fer face avec les pays démocratiques", explique sur LCI Mahnaz Shilari, sociologue et politologue iranienne. "'Ce n'est pas à vous de vous mêler des affaires inter-iraniennes. Nous voulons les tuer, tuer notre peuple, ça ne regarde personne'. C'est cela le message", poursuit-elle dans la vidéo en tête d'article.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a fustigé sur Twitter "un acte odieux et barbare", dénonçant "la trop longue liste des victimes de la répression et de la peine de mort en Iran". En s'en prenant à des binationaux, Téhéran a franchi un cap. La France devrait-elle craindre pour ses propres ressortissants ? "Non seulement la France, mais aussi tous les pays du monde, ont leurs raisons de s'inquiéter par rapport à ce qu'il se passe en Iran", estime Mahnaz Shilari. 

Le chargé d'affaires de l'ambassade d'Iran à Paris a été convoqué au Quai d'Orsay. Quelques semaines auparavant, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna avait déjà fait part de ses inquiétudes au sujet des sept Français ou Franco-Iraniens actuellement détenus par Téhéran. 


M.L

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