Jugées "crédibles" et "réelles" par les États-Unis, les menaces iraniennes contre Israël font craindre un débordement de la guerre en cours à Gaza.
Téhéran pourrait activer et téléguider ses "proxys", des entités armées au Liban, au Yémen et en Irak, pour frapper en profondeur le territoire israélien.
TF1info vous explique les risques qui pèsent sur l'État hébreu, cartes à l'appui, avec notre consultant géopolitique et défense, Aurélien Duchêne.

Joe Biden l'a lui-même dit publiquement : il s'attend à ce que l'Iran attaque "bientôt" Israël, en riposte à une frappe meurtrière contre son consulat à Damas, en Syrie, le 1ᵉʳ avril, une opération que Téhéran impute à Tel-Aviv et que le pouvoir iranien promis de "punir". Une attaque qui a fait, selon une ONG, 16 morts parmi lesquels deux généraux des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique d'Iran. 

"Cela fait une semaine que les sionistes sont dans une panique totale et en alerte. (...) Comme ils ne savent pas ce que l'Iran veut faire, eux et leurs partisans sont terrifiés", s'est félicité, samedi 13 avril, Yahya Rahim Safavi, conseiller de l'ayatollah Ali Khamenei, cité par l'agence iranienne Isna. "Cette guerre psychologique, médiatique et politique est pour eux plus terrifiante que la guerre elle-même, car ils attendent une attaque chaque nuit et beaucoup d'entre eux ont fui et se sont réfugiés dans des abris."

Une attaque "massive", jugée "imminente" par les États-Unis, que Téhéran ne mènera pas de front. Il va se reposer sur l'action d'un réseau de groupes armés, utilisés comme des "proxys". Si le Hamas apparaît affaibli à Gaza, 70 à 80% de ses équipements auraient été détruits et un tiers de ses combattants actifs tués d'après les sources israéliennes, d'autres entités "téléguidées" sont en capacité de frapper.

Des "proxys" prêts à passer à l'action

C'est le cas du Hezbollah libanais. Soutenu par l'Iran, cet allié de Téhéran a annoncé, vendredi 12 avril, avoir lancé "des dizaines de roquettes de type Katioucha" sur des positions israéliennes, en réponse à des attaques de Tsahal. Ce groupe non étatique, considéré comme le mieux armé du monde, serait en possession de plusieurs dizaines de milliers de roquettes de longue portée en mesure de frapper des cibles localisées en profondeur dans le territoire hébreu.

Au Yémen, les rebelles houthis, pouvoir de nuisance dans la mer Rouge, regagnent eux en intensité dans leur violence. Ils possèdent des missiles d'une portée de 1950 km, suffisant pour toucher le sol israélien. En Irak aussi, le Kataeb Hezbollah, aussi appelées le Hezbollah irakien, peut techniquement frapper Israël avec des roquettes. 

Jérusalem, Tel-Aviv, Haïfa... Aucun bout du territoire israélien ne serait à l'abri d'une potentielle pluie de feu lancée par les "proxys" de Téhéran. Le "Dôme de fer", le fameux bouclier antimissiles déployé aux frontières d'intercepter et détruire des projectiles lancés vers Israël, pourrait ne pas suffire. Un risque de saturation existe en cas d'attaques venues de toutes parts avec plusieurs milliers de roquettes. 


Y.R.

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