L'armée israélienne a procédé vendredi à des frappes sur la bande de Gaza, en réponse à des tirs de roquettes.
À l'origine de ces tirs : un raid israélien jeudi, le plus meurtrier depuis des années en Cisjordanie occupée.
La tension est à son comble dans la région depuis des mois.

Manifestation contre la droitisation du pouvoir, multiplication des raids israéliens, tirs de roquettes auxquels répondent des frappes… Le Proche-Orient est une nouvelle fois entré dans une zone de turbulences. La crise couve depuis plusieurs mois dans la région, où le bilan humain ne cesse de grimper. Le conflit israélo-palestinien a fait 186 morts en 2022 - dont 31 Israéliens - en Cisjordanie, à Jérusalem et en Israël. Ce bilan s'établit déjà à 29 morts pour 2023. Pourquoi ce regain de tensions ? Explications.

Attaques et raids

La spirale de violence a débuté l'an dernier. Les agressions côté israélien se sont aggravées : le 22 mars 2022, quatre personnes sont tuées dans une attaque au couteau et à la voiture bélier à Beersheva, principale ville du désert du Néguev (sud d'Israël). Cinq jours plus tard, deux policiers sont tués dans une attaque à l'arme automatique revendiquée par l'EI dans la ville israélienne de Hadera (nord). Le surlendemain, un Palestinien ouvre le feu sur des passants à Bnei Brak en banlieue de Tel-Aviv, avant d'être abattu. L'attaque fait cinq morts, dont un policier arabe israélien ayant participé à l'opération pour abattre l'assaillant.

Pour tenter d'endiguer ce phénomène, l'armée israélienne multiplie les raids en Cisjordanie : plus de 2.000 interventions l'an passé, notamment dans les secteurs de Jénine et Naplouse (nord). La majorité de ces opérations font un à deux morts, comme par exemple le 9 avril, lorsqu'un Palestinien est tué dans le camp palestinien de Jénine, d'où est originaire l'auteur de l'attaque meurtrière à Tel-Aviv. Le 25 octobre, cinq Palestiniens sont tués dans une attaque israélienne visant le groupe armé Areen al-Oussoud, à Naplouse. Le 29 novembre, les troupes israéliennes abattent quatre Palestiniens en Cisjordanie.

L'année 2023 a, elle, commencé avec le bilan le plus élevé pour une opération israélienne en Cisjordanie depuis plusieurs années : jeudi, neuf Palestiniens ont été tués à Jénine lors d'un raid israélien présenté par l'armée comme une opération contre des activistes islamistes. Ce vendredi 27 janvier, sept personnes sont mortes dans une fusillade dans un quartier de Jérusalem-Est peuplé de colons juifs. 

Gaza toujours au bord du chaos

Début août 2022, une nouvelle confrontation entre Israël et le Jihad islamique retranché dans la bande de Gaza a fait 49 morts, parmi lesquels des combattants mais aussi des civils et des enfants. Il s'agit de la pire confrontation depuis celle entre Israël et le Hamas intervenue en mai 2021. Une trêve, négociée par l'Égypte, entre en vigueur le 7 août. Mais elle est précaire : ce vendredi, des roquettes ont été tirées après le raid de Jénine. Les projectiles tirés dans la nuit "sont un message : l'ennemi (israélien, NDLR) doit se méfier car le sang palestinien versé coûte cher", a déclaré vendredi le Jihad islamique. En réponse, l'armée israélienne a frappé le territoire, sous blocus depuis 2007.

Une fronde populaire contre Netanyahou

Chef du Likoud, le grand parti de la droite israélienne, et détenteur du record de longévité à la tête du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu a été chassé du pouvoir en 2021 par une coalition électorale hétéroclite. Sauf que celle-ci aura tenu moins d'un an : le 29 décembre dernier, "Bibi" a retrouvé la tête du pays. Et a formé un gouvernement alliant des partis de droite, d'extrême droite et ultraorthodoxes juifs.

Beaucoup d'Israéliens refusent cette ultra droitisation du pouvoir : environ 80.000 d'entre eux ont battu le pavé il y a deux semaines à Tel Aviv pour clamer leur refus de la politique de cette coalition.


Thomas GUIEN

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