En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

"J'ai fui une guerre, et voilà qu'une autre guerre a commencé" : un Afghan réfugié en Ukraine fuit en Pologne les bombes russes

Antoine Llorca avec l'AFP
Publié le 28 février 2022 à 7h04, mis à jour le 28 février 2022 à 7h18
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Source : JT 20h WE

Après avoir quitté l'Afghanistan pour l'Ukraine, Ajmal Rahmani a dû une nouvelle fois tout quitter après l'invasion russe.
"J'ai fui une guerre, et voilà qu'une autre guerre a commencé. Je n'ai vraiment pas de chance", dit-il.

Il a quitté une guerre pour en retrouver une autre. Ajmal Rahmani, qui a fui l'Afghanistan il y a un an, pensait trouver un havre de paix en s'installant en Ukraine mais le rêve a tourné au cauchemar. Après le début de l'offensive russe en Ukraine jeudi dernier, Ajmal Rahmani a dû fuir vers la Pologne pour échapper aux bombardements de l'armée de Vladimir Poutine. "J'ai fui une guerre, et voilà qu'une autre guerre a commencé. Je n'ai vraiment pas de chance", constate amèrement cet Afghan d'une quarantaine d'années. Il vient tout juste d'arriver en Pologne, avec sa femme Mina, son fils Omar, onze ans, et sa fille Marwa, sept ans, qui ne se sépare jamais de son chien en peluche beige. 

Arrivé au poste frontalier polonais de Medyka, ils attendent avec les d'autres réfugiés l'arrivée des bus qui les conduiront vers un centre d'accueil dans la ville voisine de Przemysl. 

"On avait de la chance"

"J'ai travaillé pendant dix ans pour l'Otan à l'aéroport international de Kaboul", explique Ajmal, originaire de cet ville. Il a décidé de quitter son pays quatre mois avant le départ des Américains car il se sentait menacé.  "Je recevais des coup de fil avec des menaces de mort pour mes enfants. J'en ai parlé à mon travail, mais personne n'a voulu m'entendre, personne ne voulait m'aider, m'accorder un visa". Il est parti en Ukraine, le seul pays à vouloir l'accueillir, et s'est installé à Odessa, ville portuaire sur la mer Noire.  

"J'avais une bonne vie en Afghanistan, une maison, une voiture, un bon salaire. J'ai tout vendu, j'ai tout perdu. J'ai choisi de partir pour mes enfants, pour ma famille, pour leur éducation".  

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Odessa de la frontière polonaise. Les derniers trente kilomètres, ils les ont faits à pied, la route étant complètement bouchée par les voitures. "Quand nous sommes arrivés, il faisait tellement froid, j'ai pris une couverture pour ma fille. Quelques minutes plus tard, elle s'est sentie très très mal et sa mère s'est mise à pleurer". Une ambulance est arrivée et la police des frontières ukrainienne a laissé passer toute la famille. 

"On avait de la chance, il y avait plus de 50.000 personnes à la frontière", dit-il. "Tout le monde attendait debout, avec les bébés, les bagages, en attendant chacun son tour. Et voilà que nous, on est passé devant". 

Près de 213.000 personnes venant d'Ukraine sont entrées en Pologne depuis le début de l'invasion russe, ont annoncé dimanche après-midi les garde-frontières polonais. Pour la seule journée de samedi, ils ont recensé 77.300 arrivants, et dimanche jusqu'à 15H00, 53.000 réfugiés supplémentaires. 


Antoine Llorca avec l'AFP

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