REPORTAGE - Dans les rues de Kaboul, la tension est extrême depuis l’attentat meurtrier commis jeudi près de l'aéroport. Craignant pour leur vie, de nombreux habitants tentent de fuir comme le montre notre équipe sur place.

Les talibans sont partout dans les rues de Kaboul. Depuis l'attentat qui a fait plusieurs dizaines de morts à proximité de l'aéroport de la capitale afghane, les nouveaux maîtres du pays multiplient les patrouilles à bord de leurs pick-ups armés de mitrailleuses. 

Sur la route ultrasensible de l'aéroport, un véhicule blindé bloque désormais les routes d'accès et empêche les Afghans de passer. En cas de regroupement et de mouvement de foule, les talibans n'hésitent plus à effectuer des tirs de sommation en l'air.

Mais l'attaque n'a pas dissuadé certaines familles de tenter des approches les abords de l'enceinte, dans l'espoir de quitter le pays, alors que le retrait des troupes américaines est prévu ce mardi 31 août. "J'ai un passeport européen, mais je ne peux pas passer", se désole un habitant. "Ils disent que c'est dangereux vers l'aéroport, mais c'est encore plus dangereux en ville."

Fuir ou rester cloîtrés : le dilemme des Afghans

Notre journaliste Liseron Boudoul  témoigne du climat de nervosité extrême qui règne dans les rues.  Notre équipe doit d'ailleurs réduire son nombre de sorties sur le terrain, car les Afghans se regroupent en masse autour d'elle. "Là, il faut qu'on parte", explique notre reporter alors qu'un attroupement se forme. "Quand on tourne, on fait attention quand il y a un regroupement autour de nous, on ne reste pas trop longtemps, on ne sait jamais. Il y a des menaces d'attentat, il peut y avoir un kamikaze qui arrive très vite et voilà..."

On est dans l'insécurité totale
Mohamed, un habitant cloîtré chez lui

C'est à ce moment-là qu'une scène glaçante se déroule. Une femme désespérée, essaie de pénétrer dans le taxi où se trouve notre équipe. "Prenez-moi avec vous s'il vous plaît", crie-t-elle, persuadée qu'un laissez-passer lui permettra d'accéder à l'aéroport. 

D'autres Kabouliens en revanche préfèrent se terrer chez eux, comme Mohamed, profondément choqué par l'attentat commis jeudi. Même si lui aussi aimerait partir loin de l'Afghanistan, avec ses enfants. "On est complètement en panique, je crains que Daech et d'autres groupes organisent des attentats. On est dans l'insécurité totale." 

Depuis l'attentant les talibans essaient de rassurer la population, notamment par des messages dans les mosquées. Avec une réussite pour le moins limitée. 


La rédaction de TF1info avec Liseron Boudoul et Romain Reverdy

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