À 13 jours des élections européennes, le 20H de TF1 vous propose, chaque soir, un reportage sur l'un des sujets au cœur de ce scrutin.
Nous commençons ce lundi par le thème de l'immigration.
Le nombre d'entrées irrégulières dans l'Union européenne (380.000 l'an passé) n'a jamais été aussi élevé. Que fait l'Europe face à ce phénomène ?

Quatre clandestins arrêtés, et c'est beaucoup plus rare, avec eux leur passeur, un Français de 28 ans. Ils sont tous amenés au poste-frontière de Menton, dans les Alpes-Maritimes. "Vous venez d'où" interroge le policier. "D'Irak", répondent les intéressés.

Ces trois jeunes Irakiens et un Bangladais ont été interceptés alors qu'ils marchaient au bord de l'autoroute, déposés par le passeur. Au poste, ce dernier est placé en garde à vue et risque jusqu'à cinq ans de prison. "C'est vrai qu'on n'arrête pas tous les jours des passeurs, c'est important pour nous de travailler dessus car ils profitent de la situation de détresse des migrants, en leur demandant des tarifs exorbitants pour leur faire passer la frontière", explique l'agent de police nationale.

La situation s'améliore aussi parce que les Italiens font le travail.
Hugues Moutouh, préfet des Alpes-Maritimes

Les migrants assurent être majeurs, ils seront remis aux autorités italiennes, comme deux Marocains arrêtés un peu plus tôt et raccompagnés à pied à la frontière, à 50 mètres de là. Depuis le début de l'année, 7500 immigrés illégaux ont été interpellés dans les Alpes-Maritimes, la moitié renvoyée en Italie. Pourtant, à Vintimille, à dix kilomètres de l'autre côté de la frontière, certains migrants espèrent toujours rejoindre la France. "Je veux y aller mais j'ai un peu peur parce que si tu passes par les montagnes, tu peux mourir", confie l'un d'eux dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. La plupart tentent de passer la frontière en montant dans un train, en direction de Nice, souvent en vain. "J'ai déjà essayé d'entrer en France mais la police m'a emmené en Italie, j'ai essayé trois ou quatre fois", se désespère l'un d'eux.

L'espoir est mince pour les clandestins. En gare de Menton, côté français, il y a souvent plus de policiers que de voyageurs sur les quais. Les trains sont fouillés partout et chaque passager est contrôlé. Les policiers arpentent aussi les sentiers qui permettent aux migrants de contourner les patrouilles. Un dispositif dissuasif. On compte, pour l'heure à cette frontière, deux fois moins de franchissements illégaux que l'an passé. Mais selon le préfet des Alpes-Maritimes, Hugues Moutouh, ce n'est pas la seule raison : "La situation s'améliore aussi parce que les Italiens font le travail. Depuis le début de l'année, on est à peu près à 18.500 étrangers en situation irrégulière qui ont abordé à Lampedusa et il y en avait 45.000 l'an dernier à la même période." Les arrivées illégales sur les côtes italiennes sont en baisse de 62% depuis le début de l'année. Conséquence d'un accord controversé passé entre la Tunisie et l'Union européenne pour intercepter les migrants à leur départ ou en mer.

Il y a aussi beaucoup moins de passages illégaux dans les Balkans. En revanche, l'augmentation est forte sur les côtes grecques et surtout les côtes Canaries en Espagne où 16.200 personnes sont arrivées entre janvier et avril. Parmi ces migrants, de plus en plus de mineurs que la France n'a pas le droit de refouler. Après leur prise en charge, ils sont hébergés le plus souvent dans des foyers. Comme dans ce foyer situé à Cuers dans le Var. Au total, 40 adolescents étrangers. Ils viennent majoritairement d'Afrique de l'Ouest ou du Maghreb. Ils suivent généralement une scolarité et des formations professionnelles. L'an dernier, la prise en charge s'élevait à plus 46.600 euros. Un record et un coût pour les départements. La France est le pays qui reçoit le plus de demandes d'asile et attend beaucoup du nouveau pacte européen adopté cette année.


La rédaction de TF1 | Reportage Léonard Attal, HHyppolite Riou Du Cosquer

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