L'Ukraine à court de munitions : trois questions qui se posent

par La rédaction de TF1 Reportage : Benoit Christal, Bruno Chastagner
Publié le 19 février 2024 à 10h11, mis à jour le 19 février 2024 à 10h31

Source : JT 20h WE

L'armée ukrainienne a été contrainte d'abandonner samedi la ville d'Avdiïvka, dans l'est du pays.
Selon Kiev, ce repli et ces difficultés sur ce front sont liés à un manque de munitions.
Le 20H de TF1 fait le point.

C’est un symbole. Après deux ans de combats acharnés dans la ville d'Avdiïvka, l'armée ukrainienne a été contrainte samedi de se retirer concédant à la Russie une victoire militaire symbolique, qui montre à quel point Kiev a besoin d'armes et d'hommes pour faire bouger la ligne de front.

Quelles munitions leur font défaut ?

"Nous avons un déficit en artilleries et en capacité de longue portée", a déclaré le président ukrainien Volodomyr Zelensky samedi à Munich au deuxième jour de la Conférence sur la sécurité. 

A titre de repère, alors que les stocks d'obus s'épuisent, l’armée ukrainienne doit désormais se limiter à 2000 tirs quotidiens alors alors qu’elles en utilisaient 7000 par jour en novembre dernier. Elle manque surtout d'obus de "155 mm", les plus courants, d’une portée d’une vingtaine de kilomètres, utilisés par les canons fournis par l’Occident, comme les Césars français.

Pourquoi un tel manque ?

Les États-Unis et l’Europe peuvent, en théorie, fournir 63.000 obus chaque mois à l’Ukraine, mais Washington a interrompu ses livraisons en décembre dernier à cause d’un désaccord politique au Congrès. 

Les Européens, eux, peinent à tenir leurs promesses. "On n'a pas la capacité de fabriquer ces munitions à des vitesses aussi importantes que la Russie", explique dans le reportage en tête de cet article Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie. Et de préciser : "La Russie s'est mise très vite en économie de guerre et les usines fonctionnent 24h/24."

Y a-t-il un avantage à la Russie sur le terrain ?

Pour répondre à ce défi industriel, l’Europe et les États-Unis promettent de tripler leur capacité d'ici à la fin de l’année. Des entreprises d’armement françaises, anglaises et allemandes devraient également s'implanter en Ukraine dès cette année, pour y produire des munitions.

De son côté, Moscou peut à présent compter sur une production de 170.000 obus par mois. 


La rédaction de TF1 Reportage : Benoit Christal, Bruno Chastagner

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