Le parti d'extrême droite Chega a fait une percée historique lors des élections législatives au Portugal, dimanche, arrivant troisième du scrutin derrière les conservateurs et les socialistes.
Cette formation populiste a plus que doublé son score par rapport aux précédentes élections, rassemblant 18% des suffrages.
Chega angle son discours contre la corruption, l'immigration et les minorités.

La presse nationale décrit son résultat comme "un ouragan". Le parti d'extrême droite Chega ("Assez !", traduit en français) a réuni 18% des voix lors des élections législatives au Portugal, dimanche 10 mars. Un résultat historique, pour un pays qui n'avait jamais connu de parti de ce bord depuis la fin de la dictature de Salazar, en 1974.

Les Portugais étaient appelés au vote après la démission, en novembre, du Premier ministre socialiste Antonio Costa, sur fond de scandale de corruption. Ils ont donc placé en troisième position le mouvement populiste, qui reste tout de même dix points derrière les deux principaux partis du pays : l'Alliance démocratique (droite), qui a terminé en tête avec 29,49%, devant le Parti socialiste jusque-là au pouvoir (gauche, 28,66%).

Chega veut peser sur la composition du gouvernement

Il faut dire que Chega, parti créé il y a seulement cinq ans, connaît une trajectoire fulgurante. Ce dimanche, il a réuni plus de deux fois les suffrages qu'il avait recueillis deux ans plus tôt, lors du précédent scrutin. Cette formation populiste est centrée autour d'un homme : André Ventura. Cet ancien inspecteur du fisc s'est lancé en 2017 en politique, promouvant un programme ciblant la corruption, l'immigration et les minorités. Admirateur de Donald Trump et de Jair Bolsonaro, ce professeur de droit s'est initialement fait connaître grâce à ses talents de commentateur de matchs de football.

Avant l'université, André Ventura, fervent catholique, avait fréquenté un séminaire contre l'avis de ses parents, qui l'ont élevé dans une banlieue populaire à l'ouest de Lisbonne, la capitale portugaise. Candidat à une élection locale en 2017, il multiplie alors les attaques contre la communauté tsigane et affiche ses positions xénophobes, alors qu'il était jusque-là considéré comme un modéré. Deux ans plus tard, lorsqu'il lance lui-même Chega, André Ventura devient l'unique député de son parti au Parlement portugais. 

Dimanche, après l'élection, le populiste s'est félicité du haut score de son parti aux élections. "Chega a demandé à devenir la pièce maîtresse du système politique et a atteint cet objectif", a-t-il réagi face aux caméras. Son nouvel objectif ? Peser sur la nouvelle composition du gouvernement dirigé par la droite, qui a besoin d'alliés pour trouver une majorité. André Ventura s'est en tout cas dit  "disponible" pour "donner un gouvernement stable au Portugal" au sein d'"une majorité forte à droite". 

Cette nouvelle percée de l'extrême droite intervient alors que le Portugal commémore, le mois prochain, le 50ᵉ anniversaire de la Révolution des Œillets, qui a mis fin à la dictature fasciste et à treize années de guerres coloniales.


T.A. avec AFP

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