L'armée russe est confrontée depuis trois jours à des attaques dans la région de Belgorod et de Koursk.
Ces unités, venant d'Ukraine, sont composées de Russes anti-Kremlin.
Tous ne partagent pas le même objectif.

La Russie rattrapée par la guerre sur son propre sol. Des groupes armés se sont immiscés depuis l'Ukraine dans la région de Belgorod et de Koursk, où des incursions et des attaques de drones ont fait, depuis lundi 11 mars, aux moins deux morts, selon Moscou. À la manœuvre, des bataillons qui, s'ils ne défendent pas Kiev, partagent néanmoins une haine commune pour le Kremlin. Et semblent décider à jouer les trouble-fêtes à l'heure où les Russes doivent réélire ce weekend Vladimir Poutine pour un cinquième mandat.

Le Corps des volontaires russes

Le Corps des volontaires russes (RDK) est sorti du bois en mars 2023, revendiquant une première incursion en Russie dans la région frontalière de Briansk. Il est dirigé par Denis Kapoustine, alias Nikitine, figure connue du milieu hooligan et d'extrême droite en Russie. Le projet de recherche "Antifascist Europe" le présente comme un néo-nazi et suprémaciste blanc. Dans différentes interviews, il rejette ces termes pour se définir plutôt comme un nationaliste combattant pour une Russie appartenant à des individus "ethniquement russes".  Il a organisé en Ukraine des combats de MMA et avait une marque de vêtement. La Russie l'a qualifié de "terroriste".

Son groupe a un objectif : la chute du président Poutine. Raison pour laquelle le RDK mène ces actions de reconnaissance et de sabotage en territoire russe. Un de ses combattants, répondant au pseudonyme de Fortune, avait indiqué en mars que le Corps coordonnait son action avec l'armée ukrainienne lorsqu'il était en territoire ukrainien, mais qu'il menait seul ses opérations en Russie.

La légion "Liberté de la Russie"

Créée au printemps 2022, la légion "Liberté de la Russie", dont l'emblème est un poing fermé, est, elle aussi, classée "terroriste" par la Russie. Son chef politique est l'ancien député russe Ilia Ponomarev, le seul à avoir voté contre l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014. Il s'est ensuite installé en Ukraine. Sa légion se définit comme un groupe de "partisans" dont le but est de construire "une nouvelle Russie libre". Son site indique que le groupe orchestre des attaques contre l'infrastructure militaire et ferroviaire russe.

La couverture par les médias ukrainiens de l'incursion de Belgorod, l'année dernière, a mis en avant un représentant de la légion, répondant au pseudonyme de "Caesar". Ce dernier avait affirmé dans un entretien se battre "contre le régime de (Vladimir) Poutine", se définissant comme un patriote russe et un "nationaliste de droite". Celui qui assure être un kinésithérapeute originaire de Saint-Pétersbourg a été identifié par le média d'investigation Agentstvo comme un membre actif de la nébuleuse impérialiste et nationaliste de l'extrême droite russe.

Le Bataillon sibérien

Cette unité créée en octobre 2023 est formée de quelques dizaines de Russes. Elle a été intégrée au sein de l'armée ukrainienne, où des gradés supervisent le recrutement de ses membres afin d'éviter l'intrusion d'hommes à la botte du Kremlin. Le groupe compte à la fois des Russes de l'Ouest, opposants de longue date au régime de Moscou, et des membres de groupes ethniques minoritaires de Sibérie. Il fait partie de la Légion internationale, intégrée à l'armée de Kiev. Selon Euronews, ce groupe se distingue par son discours indépendantiste : les Tatars, Yakoutes et autre Bouriates ont rejoint l'armée ukrainienne afin de se battre pour "l'autodétermination des peuples de Russie".


Thomas GUIEN

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