VIDÉO - Qu'est-ce que le "Burevestnik", premier missile russe à propulsion nucléaire ?

Publié le 3 octobre 2023 à 21h56

Source : TF1 Info

Selon des informations du New York Times, la Russie préparerait un test de missile de croisière à propulsion nucléaire.
Un engin baptisé "Burevestnik" long de 12 mètres et conçu pour frapper n'importe quel pays dans le monde.
Explications.

Les préparatifs seraient en cours en Russie et la base de Pankovo, dans le nord du pays, serait fin prête. Selon des informations du New York Times, Moscou s'apprêterait à tester son "Burevestnik". Dans une enquête publiée mardi 3 octobre, le quotidien évoque des images satellites et des prises de vue aériennes de la base arctique montrant des mouvements d'avions et de véhicules "similaires aux préparations qui ont précédé de précédents tests" de ce missile en 2017 et 2018. Le test pourrait même avoir déjà été conduit, pointe le New York Times.

Un missile "à propulsion nucléaire"

Le "Burevestnik" est un monstre de 12 mètres de long qui tient son nom de la sterne arctique, petit oiseau migrateur capable de faire deux fois le tour de la Terre pour se reproduire. Et pour cause, ce missile à propulsion nucléaire qui peut transporter des bombes conventionnelles, mais surtout la bombe atomique, a un très grand rayon d'action : sa portée théorique serait de 22.000 km. Il peut ainsi toucher n'importe quel point du globe. Ce missile figure dans la liste des armes stratégiques que Vladimir Poutine qualifie "d'invincibles", avec le Kinjal et le Sarmat. En 2018, le dirigeant russe affirmait même qu'avec ces armes, tous ceux qui "attaqueront la Russie crèveront instantanément". 

Le missile est équipé d'un réacteur nucléaire qui s'active une fois l'arme projetée dans le ciel. Un avantage de taille : l'énergie nucléaire est un carburant un million de fois plus puissant que le thermique comme l'essence ou le kérosène. Ce qui signifie qu'en théorie, le missile peut rester indéfiniment en l'air et parcourir d'immenses distances. "Ça fait partie de ces prouesses technologiques dont l'armement russe est friand, mais sur lesquelles on peut s'interroger (...) qu'est-ce que ça apporte ?", pointe sur LCI, dans la vidéo en tête de cet article, Yves Bourdillon, journaliste au service international des Échos, qui précise que la Russie détient des armes capables de "frapper les États-Unis depuis les années 50".

Reste que le missile fait partie des fleurons de la Russie : il est conçu pour voler à basse altitude, sous les radars. Il est donc capable, en théorie, de contrer les systèmes de défense aérienne. D'autant que cet engin est une arme de deuxième frappe, c'est-à-dire qu'il est destiné à riposter à une première frappe venue de l'ennemi. Ici, à une frappe venant des États-Unis.

Ce n'est pas la première fois que la Russie teste son "Burevestnik", mais jusqu'à présent ces essais ont toujours été un échec. Selon l'ONG Nuclear Threat Initiative, citée par le New York Times, le missile aurait fait l'objet de 13 essais infructueux entre 2017 et 2019. Lors du dernier test, au moins sept personnes travaillant sur la base d'essais ont même été tuées après le crash puis l'explosion du missile en test.


La rédaction de TF1info

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