DOCUMENT LCI - Guerre en Ukraine : les derniers réfugiés d'Avdiivka

par T.G. | Reportage LCI : Thomas MISRACHI, Pauline LORMANT et Kostia YARAMENKO
Publié le 27 novembre 2023 à 15h44, mis à jour le 29 novembre 2023 à 13h53

Source : TF1 Info

Alors que les forces russes pilonnent Avdiivka depuis plusieurs jours, notre équipe a pu rencontrer ceux qui fuient les combats.
"Nous avons tout perdu", ont raconté à LCI des habitants obligés de prendre un train direction l'ouest de l'Ukraine.

"Avdiivka n’est plus un endroit pour vivre. C’est une condamnation à mort." Comme Sergii, ils sont des dizaines chaque jour à transiter par le centre d'accueil d'Avdiivka. C'est là que ces habitants deviennent des réfugiés, eux qui fuient cette ville de l'est de l'Ukraine devenue l'un des endroits les plus chauds du front.

"Personne ne veut la guerre. La population n’a pas besoin de la guerre. Alors qui en profite ? Ceux qui gagnent de l’argent. Et nous, on souffre…", témoigne Vitalii, un autre habitant parti à la hâte, auprès de LCI. "Nous sommes des sans-abri. Nous avions tout. Nous avons tout perdu."

"Renfermés sur eux-mêmes"

Dans un centre pour déplacés, les habitants de la ville qui n’ont plus rien peuvent trouver un peu de repos avant de fuir vers l'ouest. "Les gens déposent des vêtements. Et les réfugiés peuvent se servir", explique à notre équipe Galina, qui les accueille sur place. Il y a de quoi manger, se laver et dormir. Ceux qui arrivent sont souvent épuisés.

"Parfois certains déplacés arrivent stressés. Renfermés sur eux-mêmes. Il leur faut un peu de temps pour commencer à parler. D’autres, au contraire, ont besoin de s’exprimer, de discuter. Ils parlent en permanence et nous les écoutons", poursuit Galina. 

"Plus rien à perdre"

À 48 ans, Sergii fait partie de ces réfugiés traumatisés par ce qu’il vient de vivre. "J’ai failli mourir trois fois. Mon appartement a été détruit. Dans les abris, c’est effrayant. Mes proches sont morts. Ils sont morts il y a longtemps. Je n’ai plus rien à perdre. Mais mourir comme ça ? Pourquoi faire ?", se désole-t-il.

"Ils bombardent, ils bombardent, ils bombardent, ils bombardent. On est obligé de courir partout pour y échapper", raconte Sergii. Comme lui, plus de 95% des habitants d’Avdiivka ont quitté la ville.

Depuis plus d'un mois, cette cité industrielle presque encerclée fait face aux assauts incessants des forces russes. Brièvement tombée aux mains des séparatistes prorusses armés par Moscou en 2014, elle marque depuis la ligne de front dans cette zone. Et symbolise la résistance ukrainienne. 


T.G. | Reportage LCI : Thomas MISRACHI, Pauline LORMANT et Kostia YARAMENKO

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