Cette incroyable affaire a donné lieu à plusieurs arrestations à Bruxelles.
La justice belge soupçonne le Qatar d'avoir cherché à corrompre des personnalités politiques européennes.
La vice-présidente du Parlement européen a été incarcérée, après que des sacs de billets ont été retrouvés à son domicile.

Depuis 48 heures, les murs du Parlement européen tremblent. Et un visage incarne le scandale : celui de la vice-présidente grecque de l'hémicycle, Eva Kaili, qui dormira ce dimanche soir en prison. Ancienne présentatrice star des informations à la télévision, cette députée socialiste a été arrêtée vendredi soir, après que des sacs ont été découverts à son domicile. Aurait-elle été payée en échange de faveurs politiques envers le Qatar ? C'est la piste que cherchent à élucider les enquêteurs.

Sur les réseaux sociaux, la quadragénaire n'a jamais caché sa proximité avec l'Émirat. Membre de la délégation destinée à développer les relations de l'Union Européenne avec la péninsule arabe, elle s'était rendue au Qatar peu avant le début du Mondial que le pays héberge. "La Coupe du Monde au Qatar montre comment la diplomatie sportive aboutit à la transformation historique d'un pays. Le Qatar est un chef de file en matière de droit du travail", déclarait-elle même au Parlement des 27, quelques jours avant le début de cette compétition, une vidéo à retrouver dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. 

Les autorités qataries sont pourtant accusées par plusieurs associations et médias d'avoir laissé mourir des milliers d'ouvriers migrants sur les chantiers de construction des infrastructures sportives de ce Mondial très controversé, un bilan qu'elles réfutent.

"Une tentative d'acheter nos démocraties"

Dans cette affaire, la vice-présidente du Parlement européen, qui a depuis vu son mandat retiré, ne figure pas seule : son mari est également écroué, tandis que son père a aussi été interpellé, en possession d'une valise contenant des milliers d'euros. Parmi les autres suspects se trouvent par ailleurs un ancien euro-député, un leader syndical italien, et un actuel euro-député belge, autant de maillons qui pourraient constituer un vaste réseau présumé de corruption.

La police a saisi près d'un million d'euros en liquide, selon des informations TF1/LCI. Pour Nathalie Loiseau, cheffe du groupe Renaissance au Parlement, ces investigations marquent le début d'une enquête d'ampleur. Elle-même dit avoir été intimidée par un lobbyiste pro-Qatar l'an dernier. "Qu'il y ait du lobbying, c'est une chose, mais qu'il y ait des menaces et des tentatives de corruption, là, c'est tout à fait autre chose", tient-elle toutefois à appuyer dans le 20H. "C'est une tentative d'acheter nos démocraties, et ça, ce n'est pas acceptable", s'irrite-t-elle. 

Un défaut de transparence toucherait-il le Parlement européen ? Et faut-il, le cas échéant, changer les règles d'éthique des députés ? C'est en tout cas ce que défend Me Elise Van Beneden, présidente de l'association d'anticorruption Anticor : "Il faut mettre en place des contrôles, des contre-pouvoirs, les favoriser, et surveiller l'activité de nos parlementaires", exhorte-t-elle. La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a convoqué une réunion d'urgence demain à Strasbourg. La liste des personnes impliquées pourrait s'alourdir dans les prochaines semaines.


M.L | Reportage TF1 Elena Despatureaux, Léonard Attal et Tristan Vartanian

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