Le séisme survenu en Turquie, lundi, et ses répliques sont les épisodes sismiques les plus graves qu'a connu la Turquie depuis 1999.
La secousse a été ressentie jusqu'au Groenland, à plus de 5500 kilomètres.
Mais pourquoi a-t-elle été aussi dévastatrice ?

Des habitations effondrées comme des châteaux de cartes, des secouristes qui tentent de retrouver des survivants sous les décombres de bâtiments effondrés, dans le village de Besnaya, le long de la frontière nord-ouest de la Syrie avec la Turquie... Les images diffusées dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article résument à elles-seules l'ampleur du séisme qui a frappé la nuit dernière cette région. Et pourtant, nous sommes à 200 km de l'épicentre, Gaziantep, en Turquie, et ses deux millions d'habitants, dont le château millénaire, classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco, a été entièrement détruit. 

Des répliques par centaines

Selon des chiffres provisoires établis lundi soir, plus de 3700 personnes ont péri. Un bilan provoqué avant tout par la puissance de l'évènement, sans précédent en Turquie depuis le tremblement de terre en 1999, et survenu dans une région très peuplée. D'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter, le premier séisme a frappé à 4h17 (heure locale) le district de Pazarcik et tous ceux qui dormaient se sont trouvés "coincés quand leur maison s'est effondrée", relève Roger Musson, chercheur associé au British Geological Survey. La plupart des destructions se trouvent sur une zone sismique : la faille est-anatolienne, rompue sur près de 200 kilomètres. Par ailleurs, son épicentre se situe à quelque 18 kilomètres sous la terre, ce qui est peu profond et explique une secousse ressentie au Liban, à Chypre et jusqu'au Groenland.

Mais à 11h24, un second séisme de magnitude 7,5 a frappé Ekinozu. "Nous appelons ça un doublé. Il s'agit de deux tremblements de terre de magnitude comparable, mais ne se produisant ni au même endroit, ni au même moment", explique Steven Hicks, sismologue à l'Impérial Collège de Londres, sur TF1. Des répliques par centaines vont ensuite se multiplier inéluctablement dans plusieurs villes à forte densité. Chacune d'elles risque de détruire des immeubles vétustes et déjà fragilisés. Que faire alors pour les habitants ? Yann Klinger, directeur de recherches à l'Institut physique du globe de Paris, suggère dans la mesure du possible de sortir des bâtiments à risque "probablement fortement endommagés par les deux secousses". "Des évacuations rendues toutefois très difficiles par la neige qui recouvre largement la région. Cela complique tout évidemment", précise-t-il. 

Près de 130 secouristes de la sécurité civile ont quitté ce lundi soir la France pour prêter main-forte aux autorités locales, mais une autre menace guette la Turquie : depuis plusieurs années, les sismologues craignent qu'un séisme extrêmement puissant frappe la région d'Istanbul, la plus peuplée du pays, avec des conséquences bien pire encore.


Virginie FAUROUX | Reportage vidéo : Henri Dreyfus et Olivier Cresta

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