Massacre de Boutcha : l'armée russe soupçonnée de "crimes de guerre"

VIDÉO - Ukraine : le témoignage glaçant de Youra, 15 ans, dont le père a été tué sous ses yeux

Maxence GEVIN
Publié le 13 mai 2022 à 8h46, mis à jour le 13 mai 2022 à 8h58

Source : TF1 Info

Plus de 1000 corps ont déjà été retrouvés dans la banlieue de Kiev après le retrait des troupes russes de la région.
Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a ouvert jeudi une enquête sur les atrocités commises par les envahisseurs.
L'instance va pouvoir s'appuyer sur de nombreux témoignages et notamment celui, glaçant, d'un adolescent ukrainien.

La banlieue de Kiev, un théâtre de guerre... mais pas seulement. Depuis plusieurs semaines et le retrait des forces russes dans la région, de nombreuses exactions sont révélées au grand jour. Symboles de la folie de l'occupant, ces crimes de guerre présumés sont malheureusement aussi divers - viols, exécutions de sang-froid, massacres par balles - que macabres. 

À Boutcha, véritable ville fantôme depuis le départ des soldats de Vladimir Poutine, LCI a récolté le témoignage glaçant d'un adolescent qui a vu son père être exécuté devant ses yeux. Youra Nechyporenko, 15 ans, raconte le drame de sa famille. En mars dernier, il se rend à vélo avec son père pour aider des voisins qui n’ont plus ni eau ni électricité. Mais sur le chemin, ils croisent la route d’un militaire russe. "Nous faisions du vélo jusqu’à cet endroit", pointe-t-il du doigt, devant la caméra. "Le soldat russe est venu du coin du bâtiment de derrière. D’abord, son arme était pointée vers le sol. Mais il a ensuite relevé le canon. Il l’a pointé sur nous. Il nous a dit de nous arrêter en russe", se souvient-il, la voix blanche. 

Quand je me suis levé, j’ai vu une grande mare de sang autour de lui

Youra, 15 ans

Dans la foulée, les coups de feu surprennent le jeune homme, tétanisé. Les impacts sont encore visibles sur une clôture. "Après ça, il a également tiré sur mes mains. Mais la balle est passée entre mon pouce et mon index et m’a éraflé le pouce", continue l'adolescent. Il réalise ensuite que son père vient d’être tué à bout portant, sous ses yeux. "Quand je me suis levé. J’ai vu une grande mare de sang autour de lui", lance-t-il d'un ton mécanique. 

Le père de Youra avait 47 ans. Ses funérailles ont eu lieu le 21 avril dernier. 

Déjà plus de 11.000 crimes de guerre potentiels recensés

Comme lui, des centaines de civils ukrainiens ont récemment perdu des proches. Leurs témoignages seront essentiels pour le grand travail d'enquête et de documentation qui s'ouvre. Dans le pays, ce sont déjà plus de 11.000 crimes de guerre qui ont été recensés par le procureur général d'Ukraine. En parallèle, l'Unicef a signalé jeudi qu'au moins 100 enfants avaient été tués lors de ce conflit au cours du seul mois d'avril. 

Le même jour, à Genève, le Conseil des droits de l'Homme a adopté une résolution visant la Russie lors d'une session extraordinaire par 33 votes pour, 2 contre. Elle demande à la commission internationale de mener une "enquête" sur les graves violations des droits humains commises par les forces russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy, en février et mars 2022, "en vue de demander des comptes aux responsables"


Maxence GEVIN