Interrogé par LCI, Vladislav Jaivoronok a fustigé les mauvais traitements russes des prisonniers ukrainiens.
Il s'en est également pris à la Croix-Rouge, dont l'intervention est, selon lui, insuffisante.

La Russie de nouveau sous le feu des critiques. Invité de LCI ce dimanche, Vladislav Jaivoronok a critiqué les mauvais traitements que l'armée russe inflige à ses prisonniers. "Personnellement, je n’ai pas été battu ni subi de tortures physiques. Mais je recevais une aide médicale très approximative. Les soins médicaux étaient assez simples et leur qualité pas suffisamment élevée", commence l'ancien combattant d'Azovstal. "Mes camarades blessés et moi subissions des pressions morales. Nous n’étions pas en mesure d’entrer en contact avec nos proches ou d’autres personnes. Nous n’étions pas au courant de ce qu’il se passait. Ils nous mentaient en nous disant que le monde s’était détourné de nous tous, que notre pays n’avait plus besoin de nous. Ils appliquaient des pressions et tortures psychologiques", ajoute-t-il. "Donc je peux confirmer que les droits de l’Homme sont violés", tance-t-il. 

Des prisonniers isolés...

Désormais à Kiev, où il suit un traitement adapté après avoir été amputé d'une jambe, le soldat du régiment Azov se désole qu'aucune communication ne soit "possible avec les combattants qui ont été faits prisonniers par les Russes. La partie russe ne leur permet pas de contacter d’autres personnes. Nous ne pouvons qu’avoir que des suppositions", lâche-t-il. Alors que la Russie envisage d'organiser un procès pour l'exemple de prisonniers ukrainiens, à Marioupol, Moscou "n'a pas permis aux observateurs internationaux de voir dans quel état" ces soldats se trouvent. "Je sais qu’ils sont torturés, qu’ils meurent de faim. Il y a des interrogatoires poussés par les Russes. Mes camarades sont très maigres et ont l’air de personnes sortant d’un camp de concentration. Les Russes appliquent les tortures physiques et psychologiques", affirme le combattant dont l'œil a été tuméfié par un éclat d'obus. 

...et la Croix-Rouge absente ?

Par ailleurs, Vladislav Jaivoronok reproche à la Croix-Rouge ses efforts insuffisants pour garantir la bonne santé des prisonniers de guerre ukrainiens. "La Croix Rouge ne remplit pas ses engagements, n’a pas accès aux prisonniers", accuse-t-il. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) "passe son temps à expliquer pourquoi il ne peut pas les rencontrer", glisse-t-il, encore amer. Selon lui, la Croix Rouge était présente au moment de la sortie d'Azovstal mais plus ensuite. Elle était ainsi absente "au moment de l’échange de prisonniers". "Je me trouve à Kiev depuis deux mois et je n’ai pas eu de contact avec les représentants de la Croix-Rouge, pas plus que mes camarades", conclut le soldat.  


M.G

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