VIDÉO - "Ma mère est morte devant mes yeux" : le témoignage d'Ayoub, 16 ans, rescapé du séisme au Maroc

par M.L | Reportage LCI Solenn Riou et Juline Garnier
Publié le 17 septembre 2023 à 10h26

Source : TF1 Info

Huit jours après le violent séisme qui a secoué le Maroc, les sinistrés pleurent toujours leurs proches, emportés par la catastrophe.
Parmi eux, Ayoub, 16 ans, témoigne sur LCI : il a perdu cinq membres de sa famille lorsque les secousses ont frappé son village de Talat N'Yaaqoub.
L'adolescent, qui a vu sa mère mourir sous ses yeux, survit désormais dans un camp de rescapés.

Des paysages en ruines, des maisons réduites en miettes… Le village de Talat N'Yaaqoub, dans la région de Marrakech, porte toujours les stigmates du violent séisme qui s'est déclenché huit jours plus tôt, le 8 septembre, faisant près de 3000 morts. Autrefois touristique, son centre-ville est désormais complètement rasé. De nombreuses familles y ont été décimées, dont celle d'Ayoub, 16 ans, qui a vu sa mère mourir juste devant lui.

Grimpant sur des décombres, l'adolescent pointe une montagne de gravats parmi lesquels on devine encore quelques cloisons éventrées, une armoire et des coussins recouverts de poussière. "C'était notre maison, et ici, c'était ma chambre", décrit-il dans le reportage de LCI en tête d'article. Sanglots dans la voix, il tente de raconter cette soirée au cours de laquelle sa vie a basculé. "Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? J'ai perdu ma mère. Elle est morte devant mes yeux, ici", lâche le jeune homme. "Voilà tout ce que je ressens."

"Je dois m'adapter à vivre ici"

Le drame a aussi emporté deux de ses cinq grands frères, sa belle-sœur et sa nièce. Ayoub s'abrite désormais dans un camp, dans l'une des dizaines de tentes de toile cirée bleue qui s'étirent en enfilade, destinées à loger les survivants. Un refuge qu'il partage avec ses trois frères rescapés de la catastrophe. Toujours déchiré par la douleur, l'adolescent tente en même temps de se faire à ces nouvelles conditions de vie, particulièrement précaires. "Je dois m'adapter à vivre ici, je n'ai pas le choix. De toute façon, je n'ai rien d'autre à faire", constate-t-il. 

Pour pouvoir bénéficier d'électricité, il doit se rendre à l'autre bout de camp, où se retrouvent plusieurs autres habitants réchappés de la catastrophe, avec qui il échange quelques mots de réconfort. C'est là qu'il peut recharger son téléphone pour prendre des nouvelles de ses amis dans les douars voisins, mais aussi faire le deuil de ses proches. "De temps en temps, je regarde des photos, des vidéos de mes frères, de ma famille pour me remémorer leur souvenir", explique-t-il. 

Comme de nombreux autres résidents du village, le jeune homme veut aussi penser à l'avenir et se reconstruire : il a d'ores et déjà décidé qu'il rebâtira une nouvelle maison à Talat N'Yaaqoub, aux côtés de ses trois frères. 


M.L | Reportage LCI Solenn Riou et Juline Garnier

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