Le Parlement israélien examine un projet de réforme de la Justice.
Le texte accroîtrait le pouvoir des élus sur les magistrats.
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté leur colère ce lundi devant la Knesset.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce lundi à Jérusalem devant le Parlement israélien, contre un projet de loi de réforme du système judiciaire susceptible d'augmenter l'emprise du pouvoir politique sur la justice. Dans une mer de drapeaux israéliens, les manifestants sont restés plus de cinq heures devant le Parlement, en brandissant des slogans comme "Sauvons la démocratie israélienne" ou "Nous sommes devenus fous"

La Commission des lois venait de voter une partie des dispositions présentées par le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahou, ouvrant la voie à un vote en première lecture. Ce projet, qui vise à accroître le pouvoir des élus sur celui des magistrats, et limiterait la capacité de la Cour suprême à invalider des décisions du gouvernement, est contesté chaque samedi dans la rue depuis sa présentation début janvier, dans les principales villes du pays.

Une clause "dérogatoire" pour court-circuiter la Cour suprême

"Si cette loi passe, c'est la fin de l'ère démocratique de ce pays", a estimé le principal dirigeant d'opposition, Yaïr Lapid, à l'unisson des contestataires, qui considèrent que la réforme met en péril le caractère démocratique de l'État d'Israël. Une clause "dérogatoire" contenue dans la réforme permettrait au Parlement d'annuler à la majorité simple une décision de la Cour suprême, que le Premier ministre et ses alliés jugent politisée. Benjamin Netanyahou est lui-même poursuivi pour corruption dans plusieurs affaires. Si elle était adoptée, la loi pourrait lui être utile pour casser une éventuelle condamnation, avancent ses détracteurs. 

Les débats eux-mêmes, dans l'enceinte de la Knesset, sont particulièrement houleux. Des altercations ont eu lieu entre des députés issus du parti centriste Yesh Atid, opposés à la réforme, et le président de la commission parlementaire Simcha Rothman du parti d'extrême droite Sionisme religieux qui défend la réforme. Pour revenir au pouvoir en décembre dernier, Netanyahou a rassemblé une coalition rassemblant son parti, le Likoud, des partis d'extrême droite et des formations ultra-orthodoxes juives, créant ainsi un des gouvernements les plus à droite de l'histoire d'Israël.  

Le président israélien, Isaac Herzog, s'était inquiété la veille de la "polarisation" de la société israélienne, divisée selon lui par ce projet de réforme, et avait appelé à la reprise du dialogue. Le ministre de la Justice n'entend pourtant pas retarder la législation, tandis que l'opposition a appelé à une grève nationale.


F.Se

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