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Mines antipersonnel : un déminage sans fin au Somaliland

Laetitia A.D. | Reportage Marie Demarque
Publié le 3 décembre 2022 à 23h28
JT Perso

Source : JT 13h WE

Il y a 25 ans, les pays de l'ONU signaient le traité d'interdiction des mines antipersonnel dans les conflits armés.
Mais cet engagement a largement été bafoué, et plusieurs pays luttent encore pour retrouver un territoire sans mines.
Le 13H Week-end de TF1 vous dévoile la situation au Somaliland, où les mines pèsent encore sur le quotidien.

Un travail qui dure depuis plusieurs décénnies. Au Somaliland, sur un ancien champ de bataille, dès que le détecteur de métaux se met à siffler, une inspection minutieuse du sol débute pour essayer de retrouver les mines antipersonnel enfouies sous terre. Dans la vidéo en tête de l'article, notre reporter a pu avoir accès à une mine antipersonnel désamorcée.

"Il suffit d'une pression d'à peine un kilo sur le dessus d'une mine pour la faire exploser. Et parce qu'elles sont composées de plastique, cela les rend incroyablement résistantes au temps", explique Jane Strangways au 13H Week-end de TF1, la directrice de l'ONG The HALO Trust.

"Les mines représentent le même danger aujourd'hui, que lorsqu'elles ont été posées "

Rien que dans les années 90, l'ONU estime que 400 à 800.000 mines ont été enterrées au Somaliland. C'est un territoire trois fois et demi plus petit que l'Hexagone. "Les mines représentent le même danger aujourd'hui, que lorsqu'elles ont été posées ", ajoute Jane Strangways.

Pendant des décennies, il a fallu vivre avec ces armes de guerre invisibles à proximité des habitations. Chaque village compte son lot de victimes. Saynas Biixi a été amputée au niveau du genou en pleine guerre civile. Elle a attendu six ans avant de recevoir une prothèse. "J'avais 11 ans quand j'ai sauté sur une mine. Cela s'est passé près de mon école, j'étais petite et je ne savais même pas ce que c'était", explique-t-elle dans la vidéo en tête de l'article.

Au Somaliland, la plupart des victimes sont des enfants qui courent partout et jouent avec ce qu'ils trouvent. Parfois, ce sont des engins explosifs. Alors, des membres d'ONG comme Istahil Ismail interviennent dans les écoles pour limiter le risque d'accidents liés aux mines antipersonnel. "Je leur dit que personne n'aime les corps incomplets et amputés, or si vous touchez à un explosif, vous pouvez perdre vos mains, vos jambes ou vos yeux", raconte-t-elle.

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L'année dernière, une centaine d'accidents a encore été répertoriés dans le pays. Mais à force de déminer, la situation s'améliore et permet de relancer l'élevage nomade, au coeur de l'économie locale. "Le déminage sauve nos vies, mais aussi celles de nos bétails. On peut recréer des pâturages sur les parcelles déminées et emmener nos animaux brouter en toute sécurité", analyse Abdellahi Cisman Koshin, représentant de la communauté Durosi. Chaque terrain traité par l'ONG est une reconquête et un espoir immense pour les habitants du Somaliland.


Laetitia A.D. | Reportage Marie Demarque

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