Guerre en Ukraine : Izioum, nouveau théâtre d'exactions russes ?

Morts suspectes à Izioum : l'enquête se poursuit

Publié le 17 septembre 2022 à 20h02
JT Perso

Source : JT 20h WE

L'enquête se poursuit après la découverte de 145 tombes près de la ville d'Izioum dans l'est du pays. L'heure est à la recherche de témoignages pour savoir s'il y a eu crime de guerre. Le travail de vérification semble difficile dans cette région.

Derrière une façade défigurée siégeait le commissariat de police d'Izioum. Pendant cinq mois, les Russes en ont été les maîtres. Des pièces ont été servies de salle d'interrogatoire et de lieu de détention. Un policier ukrainien nous nous entraîne dans un dédale de cellule où selon lui, des civils ont subi des sévices.

Dans un des bureaux, des documents ont été éparpillés. Il y a des passeports de citoyens ukrainiens, des feuilles manuscrites, et parmi celles-ci des aveux signés datés du 21 août à la formulation étrange : "je déclare n'avoir subi ni violences psychologiques ni physiques". Des déclarations peut-être extorquées sous la contrainte, car face au commissariat, les voisins ont des souvenirs terrifiants. C'est le cas d'une habitante, dont le propre fils s'est fait briser les os de la main parce qu'il refusait de collaborer.

Et puis, il y a la question des disparues. Trois quarts des habitants de la ville sont évaporés. Beaucoup ont tout simplement quitté la région avant l'arrivée des Russes, mais pas seulement. Ce qui est certain, c'est que de nombreuses personnes manquent à l'appel à Izioum et dans les villages avoisinants. Qu'elles aient fui les combats, qu'elles aient été victimes de bombardements ou des exactions commises par les Russes.

Dans la forêt au nord de la ville, les recherches continuent. Sur 450 corps qui doivent être exhumés sur ce site où les autorités de Kiev ont déclenché une vaste enquête pour crime de guerre, certains présentent en effet les signes d'une mort suspecte. "Main attachée dans le dos en forme de croix". Dans ces territoires du nord-est de l'Ukraine, nouvellement libérés, les investigations ont été lancées très vite avant que les preuves incriminant l'armée russe ne risquent de disparaître.

TF1 | Reportage M. Scott, F. Petit, G. Haurillon


La rédaction TF1 Info

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