Disparition du vol MH370 : selon cet ancien pilote français, on n’a pas cherché au bon endroit

par M.D. | Reportage vidéo TF1 : Julien Cressens, Manon Stavelot
Publié le 7 mars 2024 à 18h51, mis à jour le 7 mars 2024 à 19h22

Source : JT 13h Semaine

La disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines, il y a tout juste dix ans, demeure l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aviation civile.
Une attente interminable pour les proches des victimes, qui réclament une reprise des recherches.
Elles n'ont jusqu'ici pas été menées au bon endroit, selon un ancien pilote français co-auteur d'un rapport indépendant.

Ce vendredi 8 mars marque le dixième anniversaire du tristement célèbre vol MH370 de la compagnie Malaysia Airlines, dont le Boeing 777 a disparu mystérieusement des écrans radar le 8 mars 2014, alors qu'il reliait Kuala Lumpur à Pékin. Un drame dont les causes sont aujourd'hui encore non élucidées. Plongés dans un désarroi sans fin, les proches des victimes, à l'image de la Malaisienne et du Français Ghyslain Wattrelos qui témoignent dans le reportage de TF1 ci-dessus, réclament une reprise des recherches. Ce à quoi le Premier ministre malaisien ne ferme pas la porte : il a déclaré lundi qu'il serait "heureux" de les relancer en cas de preuves "convaincantes".

En 2015, les enquêteurs avaient ratissé une zone de plusieurs milliers de kilomètres (la bande jaune dans l'infographie ci-dessous). Lorsque la Malaisie avait suspendu les recherches en 2017, des experts avaient identifié une autre zone probable de 25.000 kilomètres carrés, mais l'Australie comme la Malaisie avaient jugé que les probabilités d'y retrouver l'avion n'étaient pas suffisantes pour étendre les opérations.  

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À tort, selon Patrick Blelly, ancien pilote de ligne et co-auteur d’un rapport indépendant publié début 2023 sur le crash du vol MH370 avec l’expert spatial Jean-Luc Marchand. Selon leurs calculs, l'épave de l'avion pourrait se trouver dans le sud de l’océan Indien. "Nous avons calculé cette trajectoire jusqu’au bout de l’utilisation de son carburant. Et après, nous avons essayé de reconstituer la descente de l’avion avec tous les éléments que nous avions. Son altitude, la météo du lieu...", explique Patrick Blelly, également auteur du livre MH370, la contre-enquête d'un pilote (éditions JPO), dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article. Une interview dont nous rapportons les propos plus en longueur ci-dessous.

Les Australiens commencent à se tourner vers notre théorie
Patrick Blelly

Une société d'exploration américaine, Ocean Infinity, avait relancé des recherches en 2018, mais elles se sont aussi révélées infructueuses. Selon ces deux spécialistes, on a cherché dans la mauvaise zone. Il faudrait aller fouiller un plus au sud, de l’ordre de 120 km (la bande rouge sur notre infographie). "Les deux campagnes de recherches n’ont pas abouti car les enquêteurs australiens avaient au départ imaginé que l’avion n’était pas piloté à la fin, ce qu’on appelle un vol fantôme", complète l'expert dans son entretien avec notre journaliste.

"Dès le départ, nous avions dit, avec Jean-Luc Marchand, que l'avion est allé un peu plus loin en planant avec les moteurs éteints", reprend Patrick Blelly. "Il avait 7h31 de carburant dans les réservoirs quand il est parti et le dernier 'ping' qui a été envoyé au satellite, c’était à 7h37. Donc, on sait qu’il est allé au bout de son carburant", souligne-t-il. "Il s’avère maintenant que les Australiens commencent à se tourner vers notre théorie", soutient cet expert.

"Nous ne disons pas que c’est forcément la vérité, mais nos résultats indiquent qu’il faut aller regarder dans cette zone", conclut Patrick Blelly. À ce jour, une seule pièce de l'avion a été retrouvée, un morceau d'acier découvert à La Réunion en 2015. Suicide du pilote, attentat, avion abattu en plein vol ou simple défaillance technique ? Aucune hypothèse n'est écartée pour l'instant.  


M.D. | Reportage vidéo TF1 : Julien Cressens, Manon Stavelot

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