En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : quels risques pour les centrales nucléaires ?

La rédaction de TF1info | Reportage vidéo J. Devambez, M. Verron, J.Y. Mey
Publié le 4 mars 2022 à 14h38
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Source : TF1 Info

L'Ukraine compte 15 réacteurs nucléaires en état de fonctionnement.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la centrale de Zaporojia, dans l'est du pays, a été touchée par un bombardement russe.
Cela a alerté la communauté internationale sur une éventuelle répercussion si l'un de ces réacteurs est touché.

Pour la première fois de l'Histoire, une guerre d'artillerie et de missiles s'abat sur un pays doté de centrales nucléaires. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des bombardements russes ont atteint la plus grosse centrale du pays, la centrale de Zaporojia. Le président Volodymyr Zelensky a alors accusé la Russie de recourir à la "terreur nucléaire" tandis que la communauté internationale s'est inquiétée des conséquences en cas de l'impact d'un réacteur.

En effet, l'Ukraine est le 8ᵉ pays le plus nucléarisé du monde, permettant de fournir 50% de l'électricité du pays. Quatre centrales regroupant quinze réacteurs sont réparties un peu partout dans le pays, posant la question des répercussions en cas d'un éventuel bombardement.

Une situation inédite

Certes, les réacteurs sont protégés contre les risques de séisme, d'inondations et même, d'attaques extérieures : "Il y a des bâtiments auxiliaires extérieurs, il y a une enceinte de béton, une cuve d'acier, il y a une multitude d'enceintes à passer avant d'atteindre les zones sensibles. Donc en fait la centrale est conçue pour résister au pire", précise ainsi Ludovic Dupin, directeur de l'information Société française d'énergie nucléaire, dans le reportage en tête de cet article. 

En cas d'attaque d'obus ou de tirs de chars, les réacteurs devraient être protégés par de tels dispositifs. A contrario, les données sur les conséquences de l'impact de missiles ou de tirs aériens manquent. 

Si des catastrophes nucléaires se sont déclenchées précédemment, elles n'ont jamais été provoquées par une attaque de forces armées. Les catastrophes de Three Mile Island aux États-Unis en 1979 et de Tchernobyl en 1986 étaient causées par des failles technologiques. Celle de Fukushima en 2011 était déclenchée par un tsunami. Par prudence cependant, le gouvernement ukrainien a arrêté quatre des six réacteurs de la centrale de Zaporojia lorsque la guerre a été déclarée. 

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Aujourd'hui, la centrale est contrôlée par les forces russes, mais le danger nucléaire persiste. "Ce qui est en jeu, c'est la quantité de matière radioactive énorme que vous avez dans chacun de ces réacteurs et de ces piscines, et la possibilité que cette matière soit relâchée", alerte Yves Marignac, consultant nucléaire et transition énergétique de l'association "Négawatt", dans notre sujet. 

Si un tel échappement radioactif arriverait, la France pourrait ne pas être épargnée. "Si on vous dit, 'ça y est, les Russes ont fait exploser un réacteur en Ukraine', il faut tout de suite regarder la direction du vent. Si le vent va vers l'est, on est tranquille. Si le vent va vers la France, ça veut dire qu'il peut ramener des particules radioactives comme ça les a ramenées au moment de Tchernobyl", souligne l'experte en sureté nucléaire Geneviève Beaumont. 

Cela pourrait avoir de graves conséquences. Sur le lieu de l'accident, la radioactivité provoque des radiations et des brûlures du corps humain. À plus lointaine distance, elle augmente le risque de multiples cancers.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo J. Devambez, M. Verron, J.Y. Mey

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