L'Afghanistan aux mains des talibans

VIDÉO - "On n'a plus le droit d'écouter de la musique" : la détresse des artistes afghans

V.F
Publié le 30 août 2021 à 9h56
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Source : JT 20h WE

REPORTAGE EXCLUSIF - Parmi les Afghans les plus en danger, il y a notamment les artistes. Ils ont pourtant cru pendant des années à la transformation de leur pays. Aujourd'hui, ils vivent terrés chez eux. Les envoyés spéciaux de TF1 les ont rencontrés.

"J'adore mon métier, mais maintenant, j'ai peur qu'ils viennent m'arrêter". Azita, une jeune femme peintre, s'est réfugiée dans un faubourg de Kaboul alors que des centaines d'artistes ont déjà quitté l'Afghanistan. Les envoyés spéciaux de TF1 dans la capitale du pays l'ont retrouvée discrètement dans un lieu où elle se cache désormais. 

Dès que les talibans ont pris le pouvoir, elle a fait disparaître son atelier. Mais elle tient aujourd'hui à montrer son visage. Sur sa dernière peinture, juste avant l'arrivée des talibans, elle a dessiné un derviche tourneur, mais toutes ses autres toiles, elle les a dissimulées. 

On n'a même plus le droit d'écouter de la musique, même à la maison, c'est fini.

Mohamed

Les talibans, hostiles aux pratiques culturelles et aux formes artistiques, ont annoncé que tous les artistes devaient changer de métier. Mais Azita a décidé de résister. "Je vais continuer à peindre", clame-t-elle, tout en avouant qu'elle "n'aurait jamais imaginé que les artistes soient les premiers visés par les talibans". Elle espère toutefois être évacuée par la France dans les prochains jours. Ses amis artistes étant déjà à Paris.

L'art est désormais interdit à Kaboul. Mohamed et Fatima ont dû fermer leur galerie et cacher toutes les œuvres. "C'est tellement dur de fermer notre galerie, quinze ans de ma vie pour rien et plus de travail", déplore Mohamed. "C'était un lieu de rencontres pour tous les artistes. On est abandonné, je n'ai plus d'espoir", s'apitoie de son côté Fatima, des sanglots dans la voix.

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Mohamed a le cœur brisé ; il fait écouter un morceau de musique traditionnelle et constate : "On n'a même plus le droit d'écouter de la musique, même à la maison, c'est fini", regrette-t-il. Kaboul, conclut-il était pourtant considéré comme la capitale de la musique.


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