Le 20h

VIDÉO - "L'impact va être énorme" : la colère des pêcheurs face à la baisse drastique des quotas de soles

V. F | Reportage : G. Ploye, E. Braem et C. Devaud
Publié le 17 décembre 2021 à 10h06
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

COUP DE MASSUE - La réduction de 36% des quotas de pêche de sole dans le golfe de Gascogne pour 2022, décidée par Bruxelles, suscite colère et inquiétude chez les pêcheurs concernés.

Les 27 ont approuvé, mardi, les quotas de pêche dans l'Union européenne pour 2022. Après une nuit entière d'ultimes pourparlers à Bruxelles, les ministres chargés de la pêche ont arrêté les "totaux admissibles de captures" par espèces qui s'appliqueront à partir du 1er janvier aux pêcheurs européens dans l'Atlantique, la mer du Nord, en Méditerranée et mer Noire. "Nous voulions garantir que les ressources soient exploitées de façon durable (...) tout en s'assurant que les communautés de pêcheurs puissent survivre avec des conditions économiques viables", a expliqué le ministre slovène Joze Podgorsek, qui présidait la réunion.

Pour le golfe de Gascogne, les ministres ont arrêté une baisse drastique de 36% des captures de soles, dont les stocks sont jugés en péril : "Des efforts importants" compensés par "un plan exceptionnel d'accompagnement" financé sur fonds européens, a précisé la ministre française Annick Girardin. 

800 emplois directs menacés

Pour autant, les pêcheurs de Charente-Maritime et de Gironde ont du mal à encaisser la nouvelle, comme au port de la Cotinière, à Saint-Pierre d'Oléron, où la sole est l'espèce la plus pêchée. 800 emplois directs en dépendent. Du coup, la profession s'inquiète : "70% de mon chiffre d'affaires, c'est de la sole. On fait ça toute l'année donc l'impact va être énorme. Je ne sais pas comment on va faire", s'émeut ainsi Nicolas Aussant dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article.  

"Cette baisse de 36%, ce n'est pas que pour cette année, c'est une proposition qui est validée pour cinq ans et on sait qu'à moins 36%, il y a des navires qui n'arriveront pas à passer le cap", renchérit Eric Renaud, directeur de l'organisation de producteurs. Quant à Olivier Mercier, pêcheur à Arcachon, il ne croît pas au coup de pouce annoncé par l'État. "On est dans le flou le plus total. On nous dit qu'on va avoir des aides, on ne sait pas comment, on ne sait pas quoi, on ne sait pas pour combien de temps, ni sous quelles conditions", explique-t-il. 

"On va perdre nos clients sur les marchés"

Ce jeudi matin, à la criée d'Arcachon, les plus belles soles sont achetées à près de 30 euros le kilo. Mareyeurs et poissonniers vont, eux aussi, subir les conséquences de la baisse des quotas. En 2022, le prix de la sole sur les étals risque en conséquence de s'envoler. "Ça va peut-être pas doubler, mais pas loin et nous on va perdre nos clients sur les marchés qui viennent déjà péniblement acheter de la sole parce qu'elle est chère. Ils vont se retourner sur autre chose", s'inquiète Christophe Medeiros, poissonnier à Bordeaux. 

De leurs côtés les associations environnementales continuent à tirer la sonnette d'alarme. Selon l'ONG Oceana, plus d'un tiers des quotas adoptés dépasse les maximums recommandés par les scientifiques  : "le merlu de l'Atlantique Sud, la sole de la côte atlantique ibérique ou le rouget en Méditerranée occidentale continueront à être surpêchés", estime-t-elle. "Prétexter des nécessités socio-économiques, c'est ne pas comprendre que protéger les stocks est dans l'intérêt des pêcheurs", a renchéri Andrea Ripol de Seas At Risk.


V. F | Reportage : G. Ploye, E. Braem et C. Devaud

Tout
TF1 Info