En Chine, la révolte contre le "zéro Covid"

Chine : face à la colère de la population, les autorités pourraient alléger leur politique "zéro Covid"

Benoît Leroy avec AFP
Publié le 1 décembre 2022 à 8h54
JT Perso

Source : JT 13h WE

Depuis 2020, Pékin a mis en place une très stricte politique de lutte contre la pandémie de coronavirus.
"De nouvelles circonstances" pourraient amener le pouvoir à changer de position.
Quelques premiers allègements ont été constatés, dans plusieurs métropoles du pays.

Et si Pékin amorçait la fin de sa politique draconienne de lutte contre le Covid-19 ? Mercredi 30 novembre, les autorités sanitaires chinoises ont donné les premiers signes d'un possible allègement de leur stricte politique "zéro Covid", après une vague de manifestations de colère contre les restrictions sanitaires et pour davantage de libertés.

L'approche de la Chine vis-à-vis du virus "fait face à de nouvelles circonstances et de nouvelles tâches", grâce au caractère moins dangereux du variant Omicron et à l'avancée de la vaccination, a avancé la vice-Première ministre Sun Chunlan, qui s'exprimait mercredi devant la Commission nationale de la santé (NHC). La veille, déjà, Pékin accélérait la vaccination des personnes âgées, encore insuffisante dans le pays.

Figure centrale de la stratégie chinoise face à la pandémie, Sun Chunlan n'a fait aucune mention de la politique "zéro Covid" dans ses remarques - selon les propos rapportés par l'agence d'État -, laissant espérer que cette stratégie pourrait être bientôt assouplie. Cette politique bouleverse depuis trois ans la vie quotidienne des Chinois et l'économie du pays.

Excédés par des confinements à répétition et des tests PCR quasi-quotidiens, des milliers de Chinois ont manifesté fin novembre, à Pékin, Shanghai, Canton ou encore Wuhan - où les premiers cas avaient été détectés en décembre 2019.

Une contestation inédite depuis Tiananmen

Pour les autorités communistes, il s'agit de la vague de contestation la plus étendue depuis les mobilisations pro-démocratie de Tiananmen en 1989. Prises par surprise, elles ont appelé à la "répression" pour contenir ce mouvement, mais semblent aussi donner un gage sur le front de la politique sanitaire.

Ainsi, dans la mégapole industrielle de Canton (sud), où mardi des heurts avaient opposé manifestants et forces de l'ordre, le confinement en place depuis plusieurs semaines a été levé, malgré un record de contaminations. La ville de Chongqing (centre) a aussi annoncé mercredi que les cas contacts remplissant certaines conditions auraient le droit d'effectuer leur quarantaine à domicile, un net changement par rapport à la politique appliquée jusque-là qui imposait à tous - cas positifs et contacts - d'aller en centre de quarantaine.

Si les chiffres sont effectivement parmi les plus élevés depuis le début de la pandémie, ils restent infimes : 35.800 cas locaux ont été signalés jeudi 1er décembre, sur une population de 1,4 milliard d'habitants et avec une immense majorité de cas asymptomatiques.

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Mais les manifestants ont aussi scandé des demandes politiques, certains exigeant même le départ du président Xi Jinping, reconduit le mois dernier pour un troisième mandat inédit. Le contrôle strict des autorités sur l'information et les restrictions sanitaires sur les voyages à l'intérieur de la Chine compliquent l'évaluation du nombre total des manifestants dans le pays.


Benoît Leroy avec AFP

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