VIDÉO - Primaires républicaines : Nikki Haley, celle qui tient encore tête à Trump

Publié le 22 janvier 2024 à 15h44, mis à jour le 24 janvier 2024 à 9h45

Source : TF1 Info

Battue ce mardi dans le New Hampshire, Nikki Haley reste la dernière rivale de Trump pour les primaires républicaines.
Depuis plusieurs mois, l'ex-gouverneure de Caroline de Sud essaie de proposer une alternative aux électeurs.

Incarner une alternative à Donald Trump. C'est ce que tente de faire depuis bientôt un an Nikki Haley, espérant ainsi séduire les électeurs républicains. Un pari audacieux : seule rivale face au milliardaire depuis que Ron DeSantis a jeté l'éponge ce weekend, l'ex-gouverneur de Caroline du Sud reste cependant à la traine dans les sondages pour la primaire de son parti. 

L'ancienne ambassadrice pointe en effet 15 points derrière Donald Trump dans les moyennes des sondages de RealClearPolitics et FiveThirtyEight. Pour de nombreux observateurs, sa campagne pourrait bien s'être jouée ce mardi, dans le New Hampshire, où elle a été battue par l'ancien président. Et pour cause : aucun candidat n'a jamais échoué à remporter l'investiture républicaine après avoir gagné dans les deux premiers États. Or, c'est le tempétueux milliardaire qui est arrivé en tête la semaine dernière dans l'Iowa…

Une fille d'immigrés confrontée à la discrimination

Si elle veut continuer à croire à sa bonne étoile, Nikki Haley doit ainsi sortir la tête haute de cette seconde primaire. Surtout que le prochain scrutin, fin février, se déroulera dans son Etat de Caroline du Sud, dont elle a été gouverneure. C'est là, dans le sud-est du pays, qu'est née Nimrata Nikki Randhawa, fille d'un couple d'immigrés indiens de religion sikh. A Bamberg, la ville où elle a grandi, la jeune fille est souvent confrontée au racisme. "Mon père portait un turban. Ma mère portait un sari. J’étais une fille brune dans un monde noir et blanc. Nous avons été confrontés à la discrimination et aux difficultés, mais mes parents n’ont jamais cédé au grief et à la haine", racontera-t-elle en 2020.

Devenue comptable, elle se lance en politique et parvient à battre le membre le plus ancien de la Chambre de Caroline du Sud en 2004. Elle acquiert une notoriété nationale six ans plus tard, lors de sa campagne pour devenir gouverneure. Après son élection, elle maintient le cap à droite, affichant son hostilité aux syndicats et aux impôts, ainsi qu'au mariage homosexuel, ou en se montrant réticente à l'accueil de réfugiés syriens dans son État. Pour de nombreux électeurs, le temps fort de son mandat reste le 17 juin 2015 quand, après qu'un suprémaciste blanc soit entré dans une église de Charleston pour tuer neuf fidèles afro-américains, elle ordonne de retirer le drapeau confédéré, symbole de racisme, du parlement de l'État. Un geste perçu alors comme rassembleur.

"On ne met pas du rouge à lèvres sur un cochon"

Changement de cap en janvier 2017, quand elle devient - grâce à Donald Trump - ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU. Cette responsable politique, alors sans expérience internationale, détonne avec ses formules percutantes sur des sujets explosifs. "On ne met pas du rouge à lèvres sur un cochon", lance-t-elle à propos de l'accord sur le nucléaire iranien, qu'elle combattra fermement, quitte à rudoyer au passage certains des plus proches alliés européens des Etats-Unis.

Porte-voix de la politique étrangère de Donald Trump durant deux ans, Nikki Haley prendra soin de garder malgré tout le dirigeant à bonne distance. Comme lors des débats en 2018 autour de la nomination du juge conservateur Brett Kavanaugh à la Cour suprême, accusé d'agression sexuelle : à rebours d'une grande partie de son camp, elle appelle à écouter ses victimes présumées. Depuis la fin du mandat de Donald Trump, les attaques sont devenues bien plus frontales, Nikki Haley fustigeant ouvertement la croisade post-électorale du président sur une supposée fraude jamais prouvée.

Ses critiques à l'encontre de son ancien patron n'ont cessé de croitre ces derniers mois. Dernier exemple en date ce weekend : lors d'une interview à Fox News, celle qui vient d'avoir 52 ans a taclé l'âge de Donald Trump : "Allons-nous vraiment avoir deux octogénaires candidats à la présidence ? Voulons-nous vraiment les voir jeter des noms et se tromper à 80 ans, alors qu'ils doivent traiter avec Poutine et Xi et Kim ?". Sur le fond, Nikki Haley tente depuis plusieurs mois d'incarner une ligne "Tout sauf Trump". Si son programme est résolument conservateur - lutte contre les dépenses publiques, volonté d'exploiter toutes les ressources énergétiques des sous-sols -, elle a tenté au fil des semaines de séduire les électeurs plus centristes. Et ce, en tentant une approche plus souple sur des questions telles que l'avortement.

Malgré une campagne savamment orchestrée, Nikki Haley n'est pas à l'abri des critiques. Comme par exemple en décembre dernier. "Pourquoi la guerre de Sécession a-t-elle éclaté aux Etats-Unis ?", lui a demandé un électeur lors d'un échange. "Eh bien, en voilà une question facile", a ironisé l'ancienne ambassadrice, avant de se lancer dans une tirade sur la gestion par l'Etat américain des libertés individuelles à l'époque. Réponse de son interlocuteur : "Je trouve cela dingue qu'en 2023, vous puissiez répondre à cette question sans mentionner l'esclavage".

Depuis cet épisode, son équipe de campagne tente de reprendre la main. Notamment en mettant en avant les chances de leur candidate en cas d'affrontement avec Joe Biden : un sondage du Wall Street Journal publié le 9 décembre lui donne un avantage virtuel de 17 points sur le président démocrate.


Thomas GUIEN

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