Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Réfugiés accueillis en France : de quel statut vont-ils bénéficier ?

Frédéric Senneville | Reportage TF1 : Didier Piereschi et Marie Chantrait
Publié le 16 mars 2022 à 11h49
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Trois millions d'Ukrainiens ont dû fuir leur pays, majoritairement des femmes et des enfants.
Si 15.000 d'entre eux sont déjà arrivés en France, les autorités en attendent près de 100.000.
Quel statut leur permettra de s'installer, même provisoirement, dans le pays ?

Dans la ville du Cannet, sur la Côte d'Azur, des familles ukrainiennes rencontrent les Français qui vont les accueillir chez eux. Une équipe de TF1 assistait à ce premier contact avec des femmes et des enfants arrachés par la guerre à leur pays et à leurs proches, qu'on peut voir dans le reportage en tête de cet article. "On a laissé nos hommes derrière nous", témoigne une jeune femme, "et on espère au moins sauver nos enfants". Partout en France, les mêmes scènes de rencontre entre Ukrainiens et Français : 15.000 réfugiés seraient déjà sur le territoire.

Un chiffre qui pourrait monter au moins à 100 000, selon le gouvernement. Depuis le début de la guerre, trois millions de personnes ont fui l'Ukraine, dont une moitié d'enfants accompagnés de leurs mères. Très peu d'hommes, la plupart ayant été retenus par la mobilisation générale pour combattre l'envahisseur russe. La Pologne, frontalière de l'Ukraine sur plus de 500 km, accueille près d'1,8 million de ces personnes déplacées, qui sont également nombreuses dans les pays voisins (Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Moldavie). L'Allemagne accueille déjà pour sa part 160.000 réfugiés ukrainiens, dix fois plus que la France.

Quel statut ?

De quel statut vont-ils bénéficier ? L'Europe a mis en place un mécanisme temporaire, qui leur octroie un droit de séjour, l'accès au marché du travail ainsi qu'à l'aide sociale et médicale. Selon  la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté ce mardi sur Europe 1, c'est sous "l'impulsion de la France" qu'a été créé ce statut inédit de protection temporaire. Marlène Schiappa insiste d'ailleurs pour dénommer ces personnes "déplacées" et non "réfugiées", ce second statut nécessitant des mois d'attente. 

Un accueil à géométrie variable ?

La ministre a, dans le même entretien, récusé que l'action des pouvoirs publics soit liée au fait que cette immigration soit "européenne, blanche et chrétienne", selon les mots de l'intervieweuse, estimant que la mobilisation pour les réfugiés afghans avait été du même ordre. Des voix s'élèvent pour dénoncer un accueil à géométrie variable en France, au détriment de non-Ukrainiens, qui fuient pourtant la même guerre. 

Sur les 10.000 premiers déplacés arrivés sur le sol français, 316 seulement étaient des ressortissants d'un autre pays, soit 2,5%, selon les données fournies la semaine dernière par le ministère de l'Intérieur- soit la moitié du ratio de 5% de non-Ukrainiens chassés par la guerre, que relevait l'ONU la semaine dernière. L'AFP a constaté qu'un certain nombre de ces étrangers non-ukrainiens, mais qui pourraient bénéficier du même statut provisoire en France, avaient été refoulés à la frontière italienne.

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Le dispositif de droit de séjour temporaire, accordé aux personnes déplacées par la guerre en Ukraine, peut théoriquement durer trois ans. Mais les réfugiés rencontrés par l'équipe de TF1 ne souhaitent pas rester aussi longtemps, et espèrent tous la fin de cette guerre pour pouvoir rentrer chez eux.


Frédéric Senneville | Reportage TF1 : Didier Piereschi et Marie Chantrait

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