Guerre en Ukraine : des exactions au cœur du conflit

REPORTAGE - "Nos voisins sont là-dessous" : Borodianka, un champ de ruines après le passage de l’armée russe

Léa Tintillier | Reportage Michel Scott, Noélie Clerc, Frédéric Petit
Publié le 7 avril 2022 à 10h43
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Combien de villes et de villages l’armée russe a-t-elle réduit à l’état de ruines, combien de milliers de morts civils sous les décombres ?
Les envoyés spéciaux de TF1 se sont rendus à Borodianka, à une cinquantaine de kilomètres de Kiev.
Attention, certaines images peuvent choquer.

Tous les moyens sont bons pour rejoindre la ville de Borodianka, située à 50 kilomètres de Kiev. Par la forêt, comme une équipe de la Croix Rouge. "On ne sait pas ce qu’on va voir. C’est une reconnaissance", affirme un bénévole. Ou encore à pied par le pont détruit qui coupe l’accès direct à la localité tout juste libérée. 

En arrivant, ce sont les corbeaux et d’autres charognards qui accueillent notre équipe de reporters. Au milieu des décombres, des restes humains bien visibles n’ont toujours pas pu être enlevés. L’avenue principale de Borodianka a subi des destructions terribles. Après le passage des Russes, il ne reste rien de cette commune de 13.000 habitants. Une autre ville martyre parmi celles que reconquièrent les Ukrainiens. 

De nombreux corps sont ensevelis sous les ruines, comme le confirment deux survivants. "Nos voisins sont là-dessous. Il y en a 18 ou 20 au moins. Et d’autres ont été écrasés dans la cave de notre immeuble", témoignent-ils dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Collecter des preuves de massacre

Sur une tôle, une inscription de la main de l’occupant : "Interdiction pour les civils de circuler. Malheur à ceux qui ont tenté de fuir." Quant aux autres, comme une dame qui revoit le jour pour la première fois, ils ont dû se cacher. "Ça a été très dur, terrible. Ils ont tiré partout. Ma maison a été détruite". Elle ne connaît pas le sort de ceux qui ont disparu, dit-elle. Car de nombreux habitants manquent à l’appel. 

Lire aussi

Il y a aussi des experts en chasubles jaunes, qui appartiennent au ministère ukrainien de la Justice. En quelques jours, ils veulent collecter les éléments qui accablent les Russes dans la perpétration des massacres, avant que les preuves ne s’effacent. "Ça, c’est l’insigne d’une brigade mécanisée et un uniforme d’officier mais le nom a disparu", montre un expert. "Après les bombardements, certains civils ont essayé de secourir ceux qui étaient pris au piège et c’est alors qu’ils se sont mis à tirer. Le destin de toutes ces personnes est inconnu", déclare un militaire ukrainien. 

L’histoire se répète dans chaque localité où les Ukrainiens reprennent le contrôle. Ils réalisent l’ampleur des destructions et surtout, prennent la mesure du bilan humain terrible chez les civils, que cette invasion russe a provoqué. 


Léa Tintillier | Reportage Michel Scott, Noélie Clerc, Frédéric Petit

Tout
TF1 Info