Depuis le lancement de son offensive en février 2022, la Russie a pris le contrôle d'importantes portions du territoire de l'Ukraine.
De nombreux civils abandonnent tout pour échapper au joug de Moscou.
Les équipes de LCI a rencontré plusieurs d'entre eux.

Depuis le lancement de son attaque contre l'Ukraine, la Russie s'est appropriée plusieurs centaines de kilomètres de territoire dans l'est de l'Ukraine. Moscou contrôle désormais des bandes de terre de la banlieue de Kherson aux faubourgs de Koupiansk, en passant par Melitopol, Marioupol ou encore Donetsk. Le régime du Kremlin tente d'y effacer toute trace d'identité ukrainienne et d'y imprimer son empreinte. Face à cette occupation, de nombreux habitants abandonnent toutes leurs possessions pour échapper à l'emprise russe. LCI en a rencontré certains. 

Ces habitants ont quitté les territoires occupés puis sont passés par le seul poste frontière en Russie encore ouvert avec l'Ukraine. "Il fallait glorifier la Russie quand on était là-bas. Si on ne la glorifiait pas, alors on était considéré comme un ennemi", témoigne Valentina, une habitante de la région de Lougansk précairement installé dans un minibus transportant une dizaine de fuyards. "Les voisins commençaient à se méfier. Leur lavage de cerveau fonctionne bien ", abonde Olessa, une habitante de Svatove. 

Ils regardaient la corne de mes doigts pour voir si je faisais du tir
Oleg

De son côté, Oleg, lui aussi un rescapé des territoires occupés, est un militaire de carrière. Il se trouvait en poste près de Kherson, peu après de l'invasion. Pendant un mois et demi, il s'est caché pour échapper aux soldats de Vladimir Poutine. "On avait peur en tant que militaires. On pensait à nos enfants. Moi, je me cachais", glisse-t-il au micro de LCI. Il est finalement parvenu à s'enfuir, en passant la bagatelle de 64 check-points. "Avant d'arriver à chaque check-point, on avait vraiment peur. Ils nous fouillaient, vérifiaient, regardaient la corne de mes doigts, pour voir si je faisais du tir", relate ce soldat de la 57e brigade. 

Arrivé à destination à Kryvyï Rih après un long périple, il se bat sur le front. "Après ce que j'ai vécu pendant un mois et demi là-bas, je peux vous dire que j'avais envie de combattre et reprendre ce qui m'appartient. Ils m'ont tout pris. Tout ce que j'ai fait en 45 ans, je l'ai perdu en une journée", tonne-t-il. Désormais, à chaque départ en mission, une seule idée fixe son cap : se battre pour libérer sa terre. Oleg veut être le premier à y replanter le drapeau. 


M.G | Reportage LCI Vincent Wartner, Antoine Bondarenko

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