Si en France, il est interdit de faire interner de force un proche en proie à une addiction aux drogues, c'est légal au Mexique.
À Tijuana, des commandos anti-drogue enlèvent et séquestrent les toxicomanes pour les sevrer à la dure.
Regardez ce reportage de "Sept à Huit" sur leurs méthodes chocs contre l'effet de manque, de l'enfermement à la prière.

À Tijuana, les toxicomanes font partie du décor. Dans cette ville frontière du nord-ouest du Mexique qui compte 1,5 million d'habitants, un d'entre eux sur cinq serait accro aux drogues dures, selon des associations. Située face à San Diego en Californie, il s'agit de l'un des principaux points de passage de stupéfiants vers la côte ouest américaine. Or, avec 1300 kilomètres de barrière qui séparent les deux pays, une partie de la marchandise reste bloquée sur place, de la cocaïne à l'héroïne, en passant par le crystal, une amphétamine très puissante. 

Face à ce fléau, les centres de désintoxication se multiplient à Tijuana, qui en compte pas moins de 200, dont un tiers tenus par les chrétiens évangéliques. 

Kidnappings, internemenst forcés sans certificat médical, prières... des fidèles évangéliques se constituent en commandos pour tenter de sevrer les toxicomanes, une mission qu'ils perçoivent comme divine. 

Ces centres sont-ils des zones de non-droit ?  "Nous avons une loi ici, la loi 028, qui prévoit que si une personne est incapable de prendre une décision parce qu'elle consomme de la drogue, sa famille peut prendre à sa place la décision de l'interner", rappelle, dans le reportage de "Sept à Huit" à retrouver en tête de cet article, une pensionnaire abstinente depuis plusieurs mois. Pour avoir une existence légale, le centre doit être certifié par le ministère de la Santé. 

Un rythme de vie austère

Tant qu'ils ne reconnaissent pas leur addiction, les pensionnaires restent enfermés en cellule, appelée "salle d'observation", passage obligatoire pour le début du sevrage. Ce n'est qu'une fois franchie cette étape qu'ils rejoindront le dortoir avec les autres pensionnaires. C'est le cas de Marisol qui, depuis qu'elle a été kidnappée devant chez elle, nie toujours se droguer, malgré un test de dépistage formel. "Je ne consomme qu'un peu de bière et des cigarettes, et un peu de cannabis", insiste-t-elle.

Au centre de réhabilitation pour femmes Esperanza, la quasi-totalité des 35 pensionnaires, des mères de famille âgées de 18 à 53 ans, viennent de milieux populaires et disent avoir été initiées à la drogue par leur conjoint. Elles doivent se plier à un rythme de vie austère, entre prières, étude de la Bible et tâches ménagères. À titre de repère, selon la direction du centre, sur les 450 pensionnaires accueillis depuis un an, 80 ont repris une vie normale, soit même pas un sur cinq. 


A. LG | Reportage "Sept à Huit"

Tout
TF1 Info