Les cartels ont provoqué un bain de sang en Équateur en début de semaine.
Une situation due à l'évasion, le 7 janvier dernier, d'un redouté chef de gang emprisonné dans un établissement de Guyaquil.
Dans la ville, l'armée a quadrillé le moindre quartier pour tenter de reprendre la main.

L'Équateur en plein cauchemar. Depuis le 7 janvier, et l'évasion du pénitencier de Guyaquil (sud-ouest) du redouté chef de gang des Choneros, Adolfo Macias, le pays fait face à des violences dramatiques. La fuite de celui qui se fait appeler "Fito" a provoqué une vague de mutineries avec prises d'otage dans au moins cinq prisons du pays, des attaques contre les forces de l'ordre et d'autres actes visant à semer la terreur. Au moins 19 personnes ont été tuées dans ces violences, selon le dernier bilan officiel actualité.

L'attaque la plus spectaculaire a eu lieu en plein direct dans les locaux de la chaîne de télévision publique TC Télévision. Devant les caméras de télévision, un groupe armé a pris en otage techniciens et journalistes. Le but : montrer que les gangs peuvent investir n'importe quel lieu, même les plus sécurisés.

La guerre menée par le président Noboa

"Ils sont venus par l'entrée principale depuis la rue et ont pénétré dans le bâtiment", explique l'un des collaborateurs de la chaîne, dans le reportage en tête de cet article. Aujourd'hui, les émissions ont repris, mais toutes les équipes sont traumatisées. "Un ami m'a jeté sous un bureau et l'enfer a commencé. 'Nous sommes la mafia', ont-ils dit, 'ici c'est nous qui commandons, c'est nous qui gouvernons', ont-ils également affirmé. Et puis ils ont dit 'tuez-les, le patron a dit qu'il fallait les tuer'", témoigne une autre employée.

Cet épisode marque un nouveau stade de la guerre sans merci à laquelle se livrent les gangs et le jeune chef de l'État équatorien, Daniel Noboa, tout juste élu. Le président a déclaré l'état d'urgence dans le pays entré "en conflit armé interne" contre les bandes criminelles impliqués dans le narcotrafic florissant. Les cartels de la drogue ont juré la perte du chef de l'État qui a promis, lui, de les "neutraliser" à coup de grands déploiements de militaires à travers le pays. Le début d'un véritable conflit dans ce pays qui était, il n'y a pas si longtemps encore, un paisible État d'Amérique du Sud.


La rédaction de TF1info | TF1 - Reportage Michel Scott, A. Pocry

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