Iran : la révolte du voile

Répression en Iran : des dizaines d'enfants tués, et des centaines emprisonnés, alertent les ONG

S.M avec AFP
Publié le 14 octobre 2022 à 8h48
JT Perso

Source : JT 20h WE

Au moins 18 jeunes ont été tués depuis mi-septembre en Iran, le plus jeune avait 12 ans, selon une agence de presse américaine.
Amnesty Iran évoque au moins 23 enfants tués. Un bilan qui pourrait être encore plus élevé, estiment les ONG.
Des centaines d'enfants sont en outre emprisonnés dans des centres chargés de les "rééduquer".

Ils participent aux manifestations au péril de leurs vies. Depuis le début du mouvement de contestation en Iran il y a près d'un mois, des dizaines d'enfants ont été tués dans la répression et des centaines emprisonnées, certains étant détenus dans des centres chargés de les "rééduquer", d'après les autorités et des ONG. 

Le pays est secoué depuis le 16 septembre par des manifestations déclenchées par le décès de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans morte trois jours après son arrestation par la police des mœurs à Téhéran pour avoir mal porté son voile. Selon l'agence de presse Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, au moins 18 jeunes ont été tués depuis mi-septembre. Le plus jeune avait 12 ans, selon cette source. Amnesty Iran évoque au moins 23 enfants "tués illégalement par les forces de sécurité iraniennes". "Les victimes ont entre 11 et 17 ans", précise l'organisation. Mais le bilan pourrait être encore plus élevé, estiment des ONG.  

Les familles "tenues dans l'ignorance" sur le sort de leurs enfants

La Société iranienne pour la protection des droits des enfants a indiqué cette semaine qu'au moins 28 enfants avaient été tués, "la plupart dans la province défavorisée du Sistan-Baloutchistan", dans le sud-est du pays. L'organisation, basée en Iran, a en outre indiqué que des familles étaient "tenues dans l'ignorance" sur le sort de leurs enfants arrêtés qui sont, par ailleurs, privés de représentation juridique. Certains jeunes sont emprisonnés dans des centres pour délinquants toxicomanes adultes, a alerté Hassan Raissi, avocat iranien des droits humains. Selon lui, cité mercredi par le site d'informations Iran Wire, "environ 300 personnes âgées entre 12-13 ans et 18-19 ans se trouvent en garde à vue". 

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Le ministre iranien de l'Éducation Youssef Nouri a admis que des écoliers avaient été arrêtés dans la rue ou dans leur établissement. "Il n'y en a pas beaucoup. Je ne peux pas donner de nombre exact", a-t-il affirmé, d'après des déclarations publiées mercredi par le journal réformateur Shargh. Il a précisé que ces jeunes étaient détenus dans des "centres médico-psychologiques" où ils font l'objet d'une "rééducation" afin qu'ils ne deviennent pas "antisociaux".

Malgré les sévères restrictions d'accès à Internet imposées par les autorités pour faire face à ce qu'elles appellent des "émeutes", des jeunes Iraniens sont parvenus à diffuser des images des manifestations sur des applications ultra-populaires comme TikTok et Instagram. Ali Fadavi, commandant adjoint des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime, avait déclaré début octobre à la presse locale que "l'âge moyen des personnes arrêtées dans beaucoup des récentes manifestations était de 15 ans".


S.M avec AFP

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