Séisme au Maroc : combien de temps faudra-t-il pour tout reconstruire ?

par Benoît LEROY
Publié le 11 septembre 2023 à 16h31

Source : TF1 Info

Après le terrible séisme qui a touché le Maroc, des villages ont été rayés de la carte.
En parallèle de l'urgence des sauvetages, la question de la reconstruction commence déjà à se poser.
Selon Patrick Coulombel, co-fondateur de la fondation "Architectes de l'urgence", il faudra au moins une dizaine d'années d'efforts.

Le temps est encore à l'urgence, mais la question de la reconstruction s'imposera vite. Plus de 48h après le terrible tremblement de terre au Maroc, le mot "reconstruction" est de plus en plus employé. Que ce soit par les autorités marocaines ou par les dirigeants internationaux qui veulent venir en aide au pays sinistré. Pour l'heure, le montant des dégâts n'a pas encore été chiffré. Une chose est sûre, il faudra du temps pour parvenir à effacer les cicatrices de cette catastrophe. Et ce, alors que des villages reculés ont parfois été quasiment rayés de la carte après le tremblement de terre.

"Une fois que l'on a réglé les problématiques liées aux vies humaines et l'approvisionnement en nourriture, très vite un relogement d'urgence doit arriver", explique Patrick Coulombel, co-fondateur de la fondation "Architectes de l'urgence" sur LCI. "[Il faut] ensuite [essayer de passer] à des habitats permanents. Si on arrive à le faire, c'est le top parce que cela permet d'éviter un trou entre les deux", analyse-t-il. Une étape primordiale, mais loin d'être facile à mettre en œuvre et, surtout, longue.

"Beaucoup de choses peuvent être faites en seulement un ou deux ans, mais pas la totalité. Généralement, il faut cinq ans pour ne plus voir grand-chose" d'une telle catastrophe, raconte Patrick Coulombel. Il estime que pour ne plus rien voir du tout, il faut environ "dix ans". Et ce, en raison de "délais incompressibles"

"Des gens vont devoir se déplacer" pendant cinq à dix ans

"Si vous avez besoin de 1000 ou 10.000 maçons, ils n'arrivent pas comme ça. Ils ne sont pas forcément présents au niveau local", explique le spécialiste des catastrophes naturelles. La même problématique, que celle observée dans le cadre de l'aide internationale. "Des gens vont devoir se déplacer pendant ce temps-là", prédit-il.

Cet horizon de cinq à dix ans de reconstruction dépend "de la réponse" du gouvernement marocain, juge de son côté l'ancien président de l'ONG Médecins Sans Frontières, Rony Brauman. "Après Katrina, à La Nouvelle-Orléans en 2004, la plupart des gens n'ont pas été relogés. Dix ans après, vous aviez encore des gens qui dormaient en dessous des ponts", se souvient-il. 

Au contraire d'une autre catastrophe meurtrière : celle du tsunami de 2004 qui a touché l'île de Sumatra. "En Indonésie, dix ans après, plus aucune trace n'existait", déclare l'ex-patron de l'ONG médicale. "La force de l'État et la détermination politique d'une administration gouvernementale sont des facteurs absolument essentiels."

Au niveau international, plusieurs instances se sont déjà engagées pour accompagner Rabat dans la reconstruction des zones sinistrées. En marge du sommet du G20, à New Delhi, Emmanuel Macron a ainsi signé une déclaration conjointe promettant de "fournir toute l'assistance nécessaire (...) aux efforts de reconstruction"

Une déclaration signée, également, par le Premier ministre indien Narendra Modi, le président de l'Union africaine ainsi que les dirigeants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Commission européenne. Un engagement nécessaire pour accompagner le Maroc, mais sera-t-il suffisant ? 


Benoît LEROY

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