Le séisme va faire "plusieurs milliers de morts", selon Patrick Coulombel, fondateur de l’ONG Architectes de l'urgence.
Étant un "séisme de surface", cela "engendre des dégâts beaucoup plus importants", explique le spécialiste des catastrophes naturelles sur LCI.

L'ampleur de la catastrophe commence à se dessiner. Quelques heures après le terrible séisme de magnitude 7,8, qui a touché le sud de la Turquie et le nord de la Syrie lundi 6 février dans la nuit, le bilan s'aggrave d'heure en heure. En fin de matinée, le dernier bilan faisait état d'au moins 1.800 morts dans les deux pays, et des milliers de blessés et de disparus. Des chiffres vertigineux qui devraient encore s'aggraver. 

"C'est un séisme d'une ampleur extrêmement importante. On va dénombrer plusieurs milliers de morts", prévient Patrick Coulombel sur LCI, fondateur de l’ONG Architectes de l'urgence, spécialisée dans l'aide technique aux sinistrés de catastrophes naturelles. D'autant que, "vu l’heure à laquelle ça s’est passé - autour de quatre heures du matin - cela devrait aggraver le bilan", estime le spécialiste dans une interview que vous pouvez retrouver en tête de cet article. 

Séisme en Turquie et en Syrie : plus de 1800 mortsSource : TF1 Info

"Plein de gens se retrouveront dehors"

"Le facteur aggravant aussi, c’est que c’est a priori un séisme de surface, sur une dizaine de kilomètres de profondeur, ce qui est très peu. Mais cela engendre des dégâts beaucoup plus importants qu'un séisme de profondeur", détaille Patrick Coulombel. "À ce stade, le sauvetage-déblaiement est une urgence absolue. mais il est évident que plein de gens se retrouveront dehors, pour lesquels il faudra trouver des solutions temporaires, ce qui prendra des dimensions particulièrement difficiles en cette période d'hiver", estime-t-il.

"Là, on est sur un énorme séisme, dont l'ampleur de la catastrophe est probablement telle que des moyens de secours de plein de pays va être nécessaires, pour les secours, mais aussi pour des aides humanitaires et médicales", poursuit-il. Plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, la Grèce, Israël ou encore la Russie et l'Ukraine, ont d'ores et déjà proposé leur aide, tandis que les ONG sont à l'œuvre pour collecter des dons et déploient une aide d'urgence sur place. "Ce qui est très inquiétant, c’est que Gaziantep, ville de 2 millions d’habitants, est un secteur très peuplé", s'inquiète le spécialiste. Cette zone étant "très proche de l’épicentre, on peut craindre le pire. On peut s’attendre à des chiffres très alarmants, c'est une grosse catastrophe".


S.M

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