La deuxième édition du sommet Russie-Afrique a débuté ce jeudi à Saint-Pétersbourg.
Elle réunit 49 délégations de pays africains, dont des dirigeants de premier plan, autour de Vladimir Poutine.
Le dirigeant russe a assuré que des tonnes de céréales seront livrées gratuitement à six pays du continent, alors que l'accord sur les céréales ukrainiennes est caduque.

Il se veut rassurant. Alors que l'abandon par la Russie de l'accord céréalier qui permettait à l'Ukraine d'exporter des millions de tonnes des produits agricoles via la mer Noire nourrit toutes les inquiétudes, Vladimir Poutine a promis de livrer gratuitement des céréales à six pays africains. 

En marge du second sommet Russie-Afrique, lancé ce jeudi à Saint-Pétersbourg, le dirigeant russe s'est engagé à fournir "dans les mois qui viennent" jusqu'à 50.000 tonnes de céréales au Zimbabwe, à la Somalie, à l'Érythrée, au Mali, à la Centrafrique et au Burkina Faso. "Notre pays peut remplacer les céréales ukrainiennes sur le plan commercial mais aussi sur celui (des livraisons humanitaires) à titre gracieux", a-t-il déclaré, avant d'affirmer que la Russie était un producteur "solide et responsable".

Dans son discours, Vladimir Poutine a justifié sa décision concernant la fin de l'accord céréalier en affirmant que les pays occidentaux faisaient "obstacle" aux livraisons d'engrais et de céréales russes. "Aucune des conditions de l'accord concernant les livraisons russes de céréales et d'engrais n'a été remplie", a-t-il dénoncé. 

Poutine juge les Occidentaux responsables de la fin de l'accord

Le président russe était déjà revenu, dans une missive publiée sur le site Internet du Kremlin le 24 juillet dernier en amont du sommet, sur les raisons qui l'ont poussé à ne pas renouveler l'accord sur les céréales ukrainiennes. "Cet 'accord', annoncé publiquement par l'Occident comme un geste de bonne volonté en faveur de l'Afrique, a en fait été utilisé sans vergogne pour l'enrichissement des grandes entreprises américaines et européennes qui ont exporté et revendu des céréales en provenance d'Ukraine", peut-on notamment y lire.

Dans un souci de stratégie diplomatique, alors que la Russie a cherché ces dernières années à renforcer ses liens avec l'Afrique, il s'adresse par ailleurs dans ce communiqué directment aux dirigeants du continent : "Nous comprenons l'importance d'un approvisionnement alimentaire ininterrompu pour le développement socio-économique et la stabilité politique des États africains. C'est pourquoi nous avons toujours accordé une grande attention aux questions liées à la fourniture de blé, d'orge, de maïs et d'autres denrées aux pays du continent. Nous l'avons fait à la fois sur une base contractuelle et gratuitement au titre de l'aide humanitaire, notamment par l'intermédiaire du Programme alimentaire des Nations unies", écrit-il.

Le sommet Russie-Afrique, un test diplomatique et politique pour Moscou

L'accord céréalier a été signé en juillet 2022, sous l'égide des Nations unies et de la Turquie. Il y a pris fin le 18 juillet 2023. En un an, l'accord avait permis de sortir près de 33 millions de tonnes de céréales des ports ukrainiens, contribuant à stabiliser les prix alimentaires et à écarter les risques de pénurie.

Isolé sur la scène internationale depuis le lancement de son offensive militaire en Ukraine en 2022, le Kremlin peut toujours compter sur le soutien, ou la neutralité, de nombreux pays africains. Le sommet Russie-Afrique qui se tient actuellement autour du dirigeant russe est vu comme un test diplomatique et politique pour Moscou.


Sarah BOUMGHAR

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