Sous-marin disparu près du Titanic avec un Français à bord : "Sa présence est le meilleur porteur d'espoir"

Publié le 21 juin 2023 à 12h29, mis à jour le 21 juin 2023 à 14h37

Source : TF1 Info

D'intenses recherches sont en cours pour retrouver le Titan, qui a disparu, dimanche 18 juin, lors d'une plongée sur l'épave du Titanic.
Des "cognements" réguliers ont été entendus, ont confirmé les secours, mercredi 21 juin, faisant naître l'espoir de retrouver le sous-marin.
Pour l'archéologue sous-marin Michel L'Hour, la présence à bord de Paul-Henri Nargeolet, son ami explorateur, pourrait se révéler déterminante.

Des "bruits de coups" qui ravivent l'espoir. Un petit sous-marin touristique a disparu dans l'Atlantique nord, depuis dimanche 18 juin, au cours d'une expédition sur l'épave du Titanic, qui gît par 3821 mètres de fond. Alors qu'une vaste opération de recherches est en cours depuis quatre jours, afin de sauver les cinq passagers présents à bord du Titan, le submersible déployé par OceanGate Expeditions, des "bruits" ont été détectés "sous l'eau", ont annoncé, mercredi 21 juin, les garde-côtes américains. Ces "cognements" réguliers, entendus "toutes les 30 minutes" par les secours, pourraient être un signe de vie.

Des sons cadencés que l'océanographe Paul-Henri Nargeolet, grand spécialiste du Titanic qui participait à cette mission d'exploration à 250.000 dollars le ticket d'entrée, pourrait émettre depuis l'intérieur de l'engin immergé. C'est en tout cas ce qu'ose croire et espérer son ami, l'archéologue sous-marin Michel L'Hour. "Je suis, comme chacun, dans l'espoir et avec infiniment de prudence. Dans l'acoustique sous-marine qui a été enregistrée, le seul point positif, mais il n'est quand même pas négligeable, (...) c'est la régularité des coups, toutes les 30 minutes", assure sur LCI celui qui est aussi surnommé "l'Indiana Jones en combinaison". 

C'est le type de son qu'a pu choisir quelqu'un comme Paul-Henri Nargeolet
Michel L'Hour, archéologue sous-marin

"L'acoustique est le meilleur porteur de signal sous-marin. Le monde du silence n'existe que dans le titre d'un film. En acoustique, sous l'eau, on entend beaucoup de bruits, infiniment de bruits, qui peuvent être liés aux craquements de l'épave à proximité ou à la faune qui circule. En revanche, seul un humain est capable de frapper toutes les 30 minutes, avec une espèce de régularité", indique l'ancien directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-Marines (DRASSM).

"La présence de Paul-Henri Nargeolet à bord est le meilleur porteur d'espoir", affirme-t-il. Et pour cause, cet ancien plongeur de la Marine connaît mieux que quiconque cet environnement hostile. L'explorateur des fonds marins a plongé des dizaines de fois - à 35 reprises au moins, avec l'expédition en cours - sur le site où repose le mythique paquebot, qui a coulé dans la nuit du 14 au 15 avril 1912. Il est d'ailleurs connu pour être le premier explorateur des grands fonds à avoir remonté un objet du Titanic, le 25 juillet 1987, à bord du Nautile, un sous-marin de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). 

"C'est quelqu'un d'extrêmement expérimenté, très calme et qui a un sang-froid exemplaire. Il connait très bien ces petits submersibles d'exploration. S'il est vivant, on peut imaginer qu'il organise la meilleure détection possible pour qu'on vienne les assister", considère Michel L'Hour. Pour ce faire, Paul-Henri Nargeolet "va éviter toute confusion" avec les sons environnants. "Il va leur donner un signal facile à distinguer par rapport à toute l'acoustique sous-marine et tous les bruits qu'on entend au fond de l'océan", "en frappant un ou deux coups, toutes les 30 minutes, pas plus".

Ce qui pourrait correspondre aux "cognements" entendus. "Ce ne sont pas des bruits dissociés, c'est un bruit rythmé", insiste-t-il. "C'est le type de son qu'a pu choisir quelqu'un comme Paul-Henri" pour se signaler. 

Sous-marin perdu : "On a à bord le meilleur spécialiste au monde"Source : TF1 Info

"On a à bord le meilleur spécialiste au monde de ce genre de choses", abonde sur LCI Christian Buchet, le directeur du Centre d'étude de la mer. "Il sait parfaitement gérer l'équipage pour avoir effectué tellement de plongée dans des engins de ce type-là. Vraiment, je suis confiant."


Yohan ROBLIN

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