Le chef du Kremlin va rencontrer ce mercredi le président syrien Bachar al-Assad, au sujet du "développement de la coopération russo-syrienne".
La Syrie est l'un des rares pays à soutenir Moscou dans son offensive en Ukraine.
La Russie est un allié central du régime de Damas dans la guerre civile qui déchire le pays.

C'est l'un de ses rares alliés que le président russe s'apprête à recevoir. Vladimir Poutine s'entretiendra mercredi au Kremlin avec le dirigeant syrien Bachar al-Assad, a annoncé mardi la présidence de Russie dans un communiqué. "Seront évoquées les questions d'actualité concernant le développement de la coopération russo-syrienne dans les sphères politique, économique, commerciale et humanitaire, ainsi que les perspectives du règlement coordonné de la situation en Syrie et autour du pays", a indiqué le Kremlin.

Bachar al-Assad est arrivé mardi soir à Moscou "pour une visite officielle au cours de laquelle il s'entretiendra avec le président russe Vladimir Poutine", a abondé un communiqué la présidence syrienne. "Accompagné par une importante délégation ministérielle", il a été reçu par Mikhaïl Bogdanov, représentant spécial du président Poutine et vice-ministre des Affaires étrangères, a-t-elle ajouté. La dernière visite publique du président syrien à Moscou remonte à septembre 2021, lors de laquelle il s'était entretenu avec Vladimir Poutine.

Damas sort progressivement de son isolement diplomatique

Le journal progouvernemental Al-Watan, qui cite le quotidien russe Vedomosti, a indiqué mardi que les deux présidents devraient discuter ce mercredi notamment de "la normalisation entre Damas et Ankara", dans laquelle la Russie joue le rôle de médiateur. Le journal, citant la même source, estime que "les développements actuels concernant les relations syro-arabes" devraient également être abordées. 

La Syrie est l'un des rares pays à soutenir explicitement la Russie dans son offensive en Ukraine. "Nous sommes convaincus que la Fédération de Russie se défend non seulement elle-même, mais défend aussi la justice et les droits de l'humanité, les droits de chacun de rejeter l'hégémonie unipolaire", avait déclaré en septembre dernier le ministre syrien des Affaires étrangères, à la tribune de l'ONU. Quelques jours seulement après le début de l'invasion fin février, le ministre de la Défense avait notamment proposé le déploiement de combattants syriens en Ukraine aux côtés des forces russes.

Pour cause, la Russie a apporté un soutien militaire considérable au régime syrien depuis l'automne 2015, appuyant ses forces contre celles de l'opposition et celles des djihadistes, sauvant de facto le pouvoir de Bachar al-Assad qui contrôle désormais l'essentiel de la Syrie.

Mais hors de ce soutien russe, le dirigeant syrien a été isolé sur le plan diplomatique depuis la violente répression en 2011 d'un soulèvement populaire dans son pays, qui a dégénéré en guerre civile. Mais depuis le séisme du 6 février qui a fait des dizaines de milliers de morts en Turquie et en Syrie, des pays arabes ont intensifié leurs contacts et envoyé de l'aide à Damas, qui pourrait profiter du drame pour sortir de cet isolement sur la scène internationale, selon les experts.


M.L (avec AFP)

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