Plusieurs explosions, attribuées à Israël selon les médias américains, ont été constatées ce vendredi matin à Ispahan.
Cette grande ville du centre de l'Iran ne semble pas avoir été visée au hasard.
Elle accueille dans ses alentours plusieurs sites liés au programme nucléaire iranien.

C'est une ville qui n'a probablement pas été choisie au hasard. "Trois explosions" ont été constatées dans les alentours de la ville d'Ispahan, dans le centre de l'Iran, ce vendredi matin. Plusieurs sites autour de cette métropole, de près de deux millions d'habitants, ont été visés par "des engins volants", ont indiqué les médias iraniens tôt dans la journée, tout en relativisant la portée de ces frappes. Une attaque dont la provenance n'a pas encore été officiellement confirmée, même si plusieurs responsables américains, cités par les médias aux États-Unis, imputent celle-ci à Israël. Pour le moment, l'État hébreu, lui, se refuse à tout commentaire.

Des bases aériennes visées

Quoi qu'il en soit, Ispahan semble avoir été choisie dans un but bien précis. Selon les médias du pays, les trois explosions ont été entendues à Qahjavarestan, une localité située entre le centre-ville et l'aéroport de la métropole. Une zone dans laquelle une base militaire aérienne iranienne, celle de Shekari, est aussi installée. "À Ispahan, il y a beaucoup d’installations militaires, des aérodromes notamment, a commenté le général Jérôme Pellistrandi ce vendredi matin. Et ces bases ont visiblement fait l’objet de ces frappes cette nuit.

Les forces aériennes de l'Iran ont-elles été spécifiquement visées ? "Il faut comprendre l'importance de la base aérienne à Ispahan, note, sur LCI, l'universitaire et réfugié politique iranien Didier Idjadi. En tout, l'Iran détient 16 bases aériennes, mais celle-ci est une des plus importantes. Sur cette base, il y a de nombreux avions de chasse. Il est possible que les Israéliens aient voulu envoyer un message aux gardiens de la Révolution [en s'y attaquant]." Selon The Guardian, de nombreux vieux avions de chasse F-14 Tomcat de fabrication américaine seraient stationnés sur les bases aériennes autour d'Ispahan.

Une proximité avec des sites liés au nucléaire iranien

La zone possède aussi plusieurs installations liées au programme nucléaire iranien. Un site de recherche dédié à ce projet est construit aux abords de la ville. La communauté internationale soupçonne de longue date Téhéran de vouloir acquérir l'arme atomique grâce à ce programme officiellement civil. Toujours selon le quotidien britannique, Ispahan accueillerait notamment un site comprenant trois réacteurs nucléaires de recherche, offerts par la Chine au régime islamique. Toutefois, pour le moment, aucune information ne semble confirmer que ce site ait été touché par les explosions.

Les sites de Natanz et de Fordow permettent l'enrichissement de l'uranium, un procédé nécessaire à la création d'une arme atomique.
Les sites de Natanz et de Fordow permettent l'enrichissement de l'uranium, un procédé nécessaire à la création d'une arme atomique. - INFOGRAPHIE LCI

L'AIEA, l'agence de l'ONU en charge de la sécurité nucléaire, s'est d'ailleurs montrée rassurante. Selon elle, "aucun dégât" n'est à déplorer sur les infrastructures iraniennes nucléaires. Les usines de Natanz, situé à 120 km d'Ispahan, et de Fordow, les deux sites utilisés par l'Iran pour enrichir l'uranium, un procédé indispensable à la confection d'une arme atomique, n'ont pas non plus été touchées. 

S'il était avéré que la frappe venait d'Israël, elle pourrait constituer un dernier avertissement de la part de l'État hébreu à l'Iran. "C’est aussi peut-être pour dire : 'on (Israël) n’a pas touché aux bases nucléaires, mais on peut toucher à côté'", explique Elizabeth Sheppard-Sellam, chercheuse à l'Université de Tours et spécialiste des questions de défense, dans Le Parisien.

Dans cette grande ville historique de l'Iran, les habitants semblent garder leur calme malgré les événements du jour. "Nous allons nous garer pour jouer dans le parc. Tout est comme avant, c'est comme un vendredi matin normal", lance Bahar, âgée de 24 ans et animatrice d'un centre éducatif d'Ispahan, interrogée par l'AFP. 

Les autorités et les médias officiels ont minimisé l'importance des explosions auprès de la population, qui n'a pas été évoqué dans un discours du président Ebrahim Raïssi, ce vendredi.


T.A.

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