C'était il y a très exactement 60 ans, le 22 novembre 1963, le président américain John Fitzgerald Kennedy était assassiné à Dallas.
Dans un livre qui vient de paraître, l'un des derniers témoins, un garde du corps qui faisait partie du cortège présidentiel, remet en cause la théorie de la balle "magique".
Le JT de TF1 est allé à sa rencontre chez lui à Cleveland, dans l'Ohio.

Ce 22 novembre 1963, le jour de l'assassinat de John F. Kennedy à Dallas, Paul Landis faisait partie du cortège présidentiel. Au moment du drame, il était debout sur le marchepied d’une limousine qui suivait à moins de cinq mètres la Lincoln décapotable du président américain. Sans le savoir, il allait devenir le témoin de l'un des plus grands événements du 20ᵉ siècle. 

Soixante ans après, l'homme de 88 ans, que le JT de TF1 a rencontré à Cleveland (Ohio), a décidé de donner sa version des faits sur cette affaire qui continue de fasciner l’Amérique. Ce récit tardif, étayé dans un livre : Le dernier témoin (Éditions Flammarion) diffère de la version officielle sur un point précis qui a nourri tous les complots, celui de la balle dite "magique". 

Il y avait une mare de sang et c'est là que j'ai vu cette balle
Paul Landis

Âgé de 28 ans, Paul Landis était l'un des plus jeunes membres du Secret Service, la célèbre agence chargée de la sécurité du président des États-Unis et de sa famille. Sa mission à Dallas : veiller sur la Première dame, Jacky Kennedy. Quand soudain : "J'ai entendu le premier tir juste au-dessus de mon épaule droite, alors je me suis tourné et j'ai commencé à scruter la foule", se souvient-il dans la vidéo en tête de cet article. Vient ensuite la course vers le Parkland Memorial Hospital, où le président est déclaré mort à 13h. 

D'après les médecins et les experts en balistique, une des balles a touché JFK à l'épaule avant de ressortir par sa gorge pour aller blesser devant lui le gouverneur du Texas au dos, à la poitrine, au poignet et à la cuisse. Comment est-ce possible ? Parce que ce projectile a été retrouvé sur le brancard du gouverneur. Or, Paul Landis affirme l'avoir ramassé là où John Kennedy était assis dans la voiture et l'avoir laissé sans rien dire à personne à l'hôpital. 

Pointant un cliché en noir et blanc, il s'explique : "J'ai fait le tour de la voiture jusqu'à la porte arrière du côté où était assise madame Kennedy. Le véhicule était vide. Quand je suis entré dedans, il y avait une mare de sang et c'est là que j'ai vu cette balle. Je l'ai ramassé et ensuite, à l'hôpital, je l'ai laissée sur la table d'examen de monsieur Kennedy. Et j'espérais que quelqu'un la trouverait et que ça aiderait les médecins pour l'autopsie. C'était un tel chaos à l'hôpital et donc quand j'ai entendu parler de cette histoire de balle magique qui zigzaguait pour toucher tout le monde, j'ai trouvé ça dingue", raconte-t-il. 

Cette version laisse penser qu'il y aurait eu deux balles tirées en même temps et donc un second tireur. Une hypothèse toujours écartée par l'enquête officielle. Pour autant, Paul Landis n'a jamais été interrogé par la commission Warren qui a enquêté sur le drame. Et aujourd'hui, d'anciens collègues, des historiens doutent de ses souvenirs. Pas lui. "J'ai sauvegardé une pièce à conviction essentielle. Je n'oublierai jamais ce moment. Mes souvenirs sont intacts. J'étais sur place à moins de cinq mètres du président quand il a été touché à la tête. Très peu de gens peuvent en dire autant", soutient-il. 

Traumatisé, bouleversé par cette famille Kennedy brisée qu'il a côtoyée au plus près, Paul Landis a choisi de quitter le Secret Service six mois après l'assassinat de JFK pour oublier ce jour tragique. Jusqu'à aujourd'hui où il raconte enfin sa vérité. 


Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Axel Monnier, Alexandra Poupon et Julie Asher

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