Ukraine : onze mois de guerre

Guerre en Ukraine : après le départ des Russes, les démineurs en première ligne

TF1info | Reportage : Esther Lefebvre, Lucas Lassalle, Antoine Pocry, et Kostia Yaremenko
Publié le 4 décembre 2022 à 16h16
JT Perso

Source : TF1 Info

En se retirant, l'armée russe a laissé des milliers de mines anti-personnel.
Dans les régions ukrainiennes libérées, c'est une opération de longue haleine qui commence.
Une équipe de TF1 a suivi une équipe de démineurs à Izioum.

Il y a déjà presque trois mois que les armes se sont tues dans la région. Les forces russes avaient été contraintes à se retirer de ce secteur stratégique, aux portes du Donbass, lors de la contre-offensive ukrainienne débutée en septembre dernier. Mais elles ont laissé derrière elle un d'encombrants vestiges. Des milliers de mines antipersonnel disséminées partout, dans les champs comme sur les bords de route, rendent compliquée la reprise d'une activité normale. Une équipe de TF1 a pu suivre une des cinq équipes de démineurs en action autour d'Izioum, dont la tâche semble immense.

Deux kilomètres sécurisés par jour

Dans les terres gelées, le danger est omniprésent. Un démineur penché sur le bas-côté de la route détecte la queue d'un obus de mortier, qu'il dégage prudemment. "C'est une route très empruntée, et si quelqu'un roule sur le côté, il est très probable qu'une mine explose", nous explique Ivan, le chef des démineurs, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Les équipes s'activent avant les premières neiges, qui vont compliquer encore leur travail. Chacune sécurise en moyenne deux kilomètres de route par jour.

"Déminage primaire"

Les démineurs ont rassemblé sous un hangar les munitions et les mines qu'ils ont déjà neutralisées. De nombreuses mines anti-char, mais aussi des modèles de mines anti-personnel sophistiqués, qu'ils estiment produites par Moscou. La Russie a toujours refusé de ratifier le traité d'Ottawa interdisant les mines anti-personnel, comme les États-Unis ou la Chine. 

Dans toutes les zones reprises par l'armée ukrainienne, d'abord dans la région au nord de Kiev, puis sur les fronts oriental et méridional lors de la contre-offensive de septembre, elles sont des milliers à empoisonner la vie des habitants, à freiner les déplacements, et à empêcher l'agriculture de reprendre. Si les Ukrainiens opèrent actuellement un "déminage primaire", pour dégager les accès les plus fréquentés, il faudra des années pour éliminer complètement cette menace silencieuse.

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Sur son lit d'hôpital, Vasyl en pleure encore. "J'ai survécu à tous les bombardements du village", raconte le vieil homme, "et après tout ça, voyez ce qui m'arrive". Son pied gauche a été sectionné par une mine alors qu'il débarrassait des munitions laissées par les Russes devant sa maison lors de leur départ précipité. "J'ai enlevé l'avant-dernière caisse, je n'ai pas vu la mine, j'ai marché dessus, et voilà". Il partage sa chambre avec deux autres camarades d'infortune. Dans toutes les zones libérées, ils seront encore nombreux à subir de telles mutilations par ces vestiges de la guerre, bien après la fin des combats.


TF1info | Reportage : Esther Lefebvre, Lucas Lassalle, Antoine Pocry, et Kostia Yaremenko

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