Au lendemain de la spectaculaire attaque lancée contre Israël, qui a fait des centaines de morts, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a promis dimanche de "détruire le Hamas".
L'offensive inédite menée par la branche armée du mouvement islamiste palestinien a pris de court l'État hébreu.
Quel est l'intérêt du mouvement islamique à déclencher une telle guerre aujourd'hui ?

La sidération en Israël. Après l'attaque la plus meurtrière sur son territoire depuis sa création, Israël a officiellement déclaré la guerre au Hamas, responsable de cette offensive inédite dont le bilan s'élève à plusieurs centaines de morts et de blessés. Un raid qui interroge, tant par sa chronologie que par les moyens employés. 

Pourquoi cette attaque maintenant ?

Il y a bien sûr le symbole, qui ne saurait relever du hasard : l'offensive du Hamas a été lancée 50 ans presque jour pour jour après la guerre du Kippour qui, le 6 octobre 1973, avait pris Israël totalement par surprise, en pleines célébrations du jour du Grand Pardon juif. 

Mais aussi un autre enjeu crucial : fédérer le monde musulman autour de la cause palestinienne, à l'image des manifestations de soutien qui ont eu lieu au Liban ou au Pakistan. Car depuis 2020, Israël a établi des relations diplomatiques avec plusieurs pays musulmans, le Maroc, Bahreïn, les Émirats arabes unis, et des discussions sont en cours avec l'Arabie Saoudite. "Face à ces images-là, très dures, d'une partie de la population palestinienne victime de la riposte israélienne, le Hamas espère que l'Arabie saoudite et d'autres États arabes musulmans, face à leurs opinions publiques, renonceront à reconnaître l'État d'Israël", décrypte Frédéric Encel, docteur en géopolitique et maître de conférences à Sciences Po. 

Qui sont les membres du Hamas ?

Le Hamas est dirigé depuis 2017 par Ismaïl Haniyeh, qui partage sa vie entre les territoires palestiniens, la Turquie et le Qatar. Mais derrière la branche politique qui contrôle la bande de Gaza, on retrouve la branche armée du mouvement islamiste, celle qui a organisé l'offensive. Une organisation qui ne veut pas d'une solution à deux États et prône la destruction d'Israël. 

"Nous sommes sur le point de remporter une grande victoire", a déclaré son le chef du mouvement samedi soir, affirmant que "le cycle des soulèvements et des révolutions dans le combat pour libérer notre terre et nos prisonniers (...) dans les prisons (israéliennes) doit être mené à son terme".

Qui finance le mouvement islamiste ?

Les sources de financement du Hamas sont multiples. "Tout d'abord, il y a les expatriés. Vous avez des millions de Palestiniens, en dehors de Palestine, qui envoient de l'argent à leur famille", explique Gérard Araud, ancien ambassadeur de France en Israël, dans le reportage du 20H de TF1 à retrouver en tête de cet article. 

"Deuxièmement : le Qatar, qui en a les moyens", poursuit l'ex-représentant français au Conseil de sécurité de l'ONU. Et de fait, depuis plusieurs années, Doha verse depuis plusieurs années 30 millions de dollars chaque mois à l'organisation. L'argent lui permet de payer ses fonctionnaires dans la bande de Gaza. Mais une partie de la somme pourrait avoir permis de constituer une réserve de guerre. 

Dernièrement, le Qatar a semblé prendre ses distances avec le Hamas, et c'est un autre allié qui a intensifié son appui : l'Iran. Signe de ce soutien, les messages anti-israéliens et pro-Hamas s'affichent en grand dans les rues de Téhéran.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Lucas Zajdela, Vincent Abellaneda

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info