VIDÉO - Iran : premières élections depuis la mort de Mahsa Amini, largement boycottées par l'opposition

par La rédaction de TF1info | Vidéo : Caroline Bayle, Damien Blondeau
Publié le 3 mars 2024 à 17h41

Source : JT 13h WE

Le résultat des élections législatives iraniennes ne sera connu que ce lundi 4 mars, mais le scrutin est sans suspens.
Les conservateurs devraient renforcer leur contrôle du Parlement iranien, selon les résultats partiels.
Mais le scrutin a été marqué par une abstention record, symbole de contestation dans ce pays où toute opposition est réprimée.

Sur les images officielles, les votants ont afflué en nombre pour les élections législatives iraniennes, ce vendredi 1ᵉʳ mars. Des images qui contrastent avec celles de bureaux de vote vides diffusés sur les réseaux sociaux. Malgré les pressions du régime sur ce scrutin, le tout premier depuis les grandes manifestations de 2022 en réaction à la mort de Mahsa Amini, les appels au boycott se sont multipliés dans le pays.

Le mouvement 'Femme, vie, liberté' est passé par là
Azadeh Kian, professeur de sociologie

Ce fut le cas de la prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, actuellement emprisonnée. "Il y a une désobéissance civile très importante à travers le pays. Le taux de participation a été très bas, le plus bas jamais enregistré sous le régime islamique. Parce que le mouvement 'Femme, vie, liberté' est passé par là", estime Azadeh Kian, professeur de sociologie spécialiste de l'Iran à l'Université Paris Cité. 

Le boycott est vu comme un moyen de résistance face à un régime qui a haussé le ton. Dans la rue, beaucoup de femmes continuent de braver l'interdit en ne portant pas ou mal le voile. Un acte risqué, et sévèrement réprimé, car désormais passible de 10 ans de prison. Ce quotidien est bien loin des messages de propagande, diffusés par les mollahs il y a encore quelques jours à la télévision. Sur les images, les fillettes sont invitées à scander des slogans lors d'une cérémonie organisée pour célébrer le début du port du voile.

Pendant ce temps, de nouvelles formes de contestations voient le jour. "Chanter et danser, même pour les hommes, dans la rue, est interdit. Or, on voit de plus en plus de gens qui se réunissent et qui chantent et qui dansent. Assez rapidement, on voit des centaines de passants qui se réunissent autour d'eux", constate Azadeh Kian.

La joie est alors un moyen de résistance. Mais celui-ci n'échappe pas aux rappels à l'ordre. Il y a quelques jours, un festival de rue organisé dans le sud du pays a dû être écourté sur ordre du régime, victime de son succès. Quant au chanteur Shervin Hajipour, dont la chanson "Baraye", est devenu l'hymne du mouvement de protestation, il vient d'être condamné à plus de trois ans de prison. D'après les premiers résultats partiels du scrutin, communiqués ce dimanche, les conservateurs sont en passe de renforcer leur contrôle du Parlement iranien. 


La rédaction de TF1info | Vidéo : Caroline Bayle, Damien Blondeau

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