La situation se tend à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.
Ce jeudi soir, à 23h59 heure locale, des restrictions datant de la pandémie vont être levées.
Le pays redoute un afflux de migrants, qui a déjà commencé.

Dans une valise, un bébé. Ses parents sont bien décidés à rejoindre les États-Unis. Ici, le fleuve Rio Grande fait office de frontière. Mais parvenir à le traverser ne suffit pas. Sur l’autre rive, barbelés et militaires protègent l’eldorado américain. "Ils sont inhumains", peste une jeune femme. 

Comme elle, ils sont des milliers à tenter leur chance le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. La plupart le savent, à 23h59 ce jeudi soir, le titre 42 sera levé. Il était appliqué depuis le début de la pandémie, et permettait aux États-Unis de refouler immédiatement tous les migrants pour raison sanitaire. Les traversées de migrants qui tentent de rejoindre l'eldorado américain sont déjà en hausse, ont relevé les villes texanes frontalières de Brownsville, Laredo et El Paso. "Ça va être dur, très dur", a résumé mercredi le maire de cette dernière, Oscar Leeser. "On ne sait pas ce qui va se passer le jour suivant, on ne sait pas ce qui va se passer dans les dix prochains jours", a-t-il dit. Sa ville d'El Paso, un point d'arrivée majeur, "se prépare pour l'inconnu".

Des migrants venus d'Amérique latine, de Chine ou de Russie

La fin de ce verrouillage sonne donc comme un appel d’air pour des milliers de migrants venus d’Amérique latine, de Chine ou de Russie. Mais une famille équatorienne vient d'en faire l'amère expérience : les États-Unis sont certes une terre d’immigrés, mais le pays ne peut accueillir tout le monde. "Soyons clair, l'expiration du titre 42 ne signifie pas que la frontière est ouverte. C'est même le contraire", a déclaré Alejandro Mayorkas, secrétaire à la sécurité intérieure des États-Unis. 

Le président Biden reconnaît que cet afflux de migrants risque de provoquer une situation "chaotique". Les États-Unis ont donc déployé plus de 24.000 agents le long de la frontière sud et de nouvelles restrictions au droit d’asile entreront en vigueur ce jeudi soir.

Pour l'ex-président républicain Donald Trump, jeudi sera "un jour d'infamie". "Vous allez avoir des millions de gens qui afflueront dans notre pays", a-t-il affirmé mercredi sur CNN, suggérant que s'il revenait à la Maison Blanche, il ré-instaurerait une politique de séparation des familles à la frontière car "lorsqu'on a cette politique, les gens ne viennent pas".


L.T. | Reportage TF1 : Henri Dreyfus

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